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NOUVELLES RÉVÉLATIONS SUR L'ASSASSINAT DE KHASHOGGI

Son corps a été dissous dans l'acide...

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Un crime abjectUn crime abject

Pressés par une communauté internationale épouvantée par les conditions dans lesquelles le journaliste a été éliminé sur ordre, les dirigeants saoudiens s'évertuent à donner du temps au temps pour que l'affaire soit reléguée en pertes et profits.

Le corps de Jamal Khashoggi, journaliste saoudien assassiné le 2 octobre dernier dans le consulat de son pays, à Istanbul, a été dissous dans de l'acide, réaffirme le journal turc Sabah qui révèle dans son édition d'hier que les tueurs ont tenté de s'en débarrasser en le jetant dans les canalisations, sans doute au coeur même de la résidence consulaire où il a été démembré. Les enquêteurs ont en effet découvert des traces d'acide dans les canalisations de la résidence du consul saoudien à Istanbul, indique Sabah, journal progouvernemental qui ne cite pas ses sources mais a sans cesse apporté des révélations, depuis le début de cette affaire. Pour les responsables des investigations, il n'y aurait ainsi plus de trace matérielle du crime commis par les agents saoudiens, arrivés et repartis le même jour après avoir exécuté leur infâme besogne.
Pressés par une communauté internationale épouvantée par les conditions dans lesquelles le journaliste a été éliminé sur ordre, les dirigeants saoudiens s'évertuent à donner du temps au temps pour que l'affaire soit reléguée en pertes et profits, excluant catégoriquement toute responsabilité des commanditaires. Ils ont ainsi argué du fait que les 18 auteurs de l'assassinat auraient agi de leur propre chef, sans autorisation ni information de leur hiérarchie. Comme ils ont estimé avoir clos le débat en affirmant que le jugement des assassins présumés aurait lieu devant la justice saoudienne, donnant une fin de non- recevoir à l' «exigence» turque d'une extradition formellement introduite par le biais de la diplomatie. Pour sa part, le président turc Recep Tayyip Erdogan aura longuement soufflé le chaud et le froid, promettant une enquête «approfondie» et sans détour. Hier, il a révélé que tous les enregistrements mentionnés par le journal Sabah durant les semaines d'enquête au consulat et à la résidence du consul saoudien ont été «partagés» avec Riyadh, Washington et Paris. «Nous avons donné les enregistrements, nous les avons donnés à l'Arabie saoudite, nous les avons donnés à Washington, aux Allemands, aux Français, aux Anglais», a énoncé le chef de l'Etat au cours d'une conférence de presse télévisée, ajoutant que ces enregistrements ont été «écoutés» mais qu'ils n'ont pas donné lieu à des échanges de documents écrits avec les capitales mentionnées. «Ils ont écouté les conversations qui ont eu lieu ici, ils savent», a insisté M. Erdogan, qui n'a fourni aucun détail en ce qui concerne la nature et l'importance de ces enregistrements.
Jamal Khashoggi est tombé dans un traquenard qui lui a été tendu alors qu'il sollicitait des documents administratifs en vue de son mariage avec sa fiancée turque. De ce fait, la préméditation ne pouvait faire l'objet d'aucun doute. Pourtant, si l'on s'en souvient bien, les plus hautes autorités saoudiennes avaient commencé par nier catégoriquement sa «disparition», brandissant une allégation suspecte selon laquelle il aurait «tranquillement» quitté le consulat, une fois réglées les démarches administratives pour lesquelles il s'est rendu sur les lieux de sa mort horrible. Une allégation «justifiée» par l'existence d'une vidéo préprogrammée dans laquelle on voit un sosie du journaliste sortir du consulat, revêtu des habits de Khashoggi, pour se rendre dans une mosquée non loin de là et s'y changer avant de se débarrasser d'un sac contenant les effets du journaliste.
C'est une fois confrontées à toutes ces évidences que les autorités saoudiennes ont fini par admettre, du bout des lèvres, que l'assassinat a bel et bien eu lieu et qu'il ne pouvait être que «prémédité». Il s'en est suivi, alors, une opération diplomatique en direction des dirigeants turcs et américains pour accréditer la thèse d'une action «isolée» et dans laquelle aucun haut responsable saoudien ne saurait être impliqué. Une riposte à peine voilée à la tribune du président Erdogan publiée dans le Washington Post le 2 novembre dernier et dans laquelle il accusait clairement «les plus hauts niveaux du gouvernement saoudien» d'être les commanditaires de cet abominable crime, dont il dédouanait uniquement le roi Salmane. Le président turc n'avait certes nommé personne mais pour la presse turque le message était limpide qui mettait en cause, sous la plume des journalistes comme sous les entretiens avec des responsables turcs anonymes, le prince héritier Mohamed Ben Salmane.
La Turquie, d'un côté, et l'Arabie saoudite, de l'autre, mènent toujours leur enquête mais les deux pays rivaux ont de solides raisons de tempérer leurs ardeurs réciproques. Bien sûr, Erdogan a rappelé, pas plus tard qu'hier, que les quinze tueurs présumés, détenus en Arabie saoudite, «connaissent très bien le ou les meurtriers» véritables, avant d'ajouter que «les autorités saoudiennes devraient réussir à révéler cela en les faisant parler». Il s'est gardé, cependant, de préciser de quelle manière!

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