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AU YÉMEN, LES REBELLES RÉSISTENT DEPUIS QUATRE ANS

La solution est politique

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Les rebelles sont appelés Houthis en référence à leur chef historique Badr Eddine al-Houthi et son fils Hussein, tué par les forces yéménites en 2004. Ils recrutent parmi les adeptes du zaïdisme, une version du chiisme proche du sunnisme.

Contre toute attente, les rebelles Houthis au Yémen tiennent tête depuis près de quatre ans à une puissante coalition militaire menée par l'Arabie saoudite en s'appuyant sur des alliances tribales, un arsenal militaire pris à l'armée et leur propre expérience guerrière. Ces rebelles sont soutenus par l'Iran, le grand rival chiite de l'Arabie saoudite sunnite au Moyen-Orient. En juillet 2014, ils lancent à partir de leur fief dans le Nord une offensive qui leur permet de s'emparer de vastes territoires et de prendre en janvier 2015 le contrôle total de la capitale Sanaa. La coalition militaire intervient en mars 2015 pour aider le pouvoir à stopper leur progression.
Les rebelles sont appelés Houthis en référence à leur chef historique Badr Eddine al-Houthi et son fils Hussein, tué par les forces yéménites en 2004. Ils recrutent parmi les adeptes du zaïdisme, une version du chiisme proche du sunnisme. Ces rebelles forment un mouvement appelé «Ansarullah», qui a succédé au Mouvement des jeunes de la foi (Harakat Chabab al-Moumen) né en 1992 pour protester contre la discrimination exercée, selon lui, contre les zaïdites qui représentent 30% de la population yéménite. Les Houthis ont noué de solides relations avec des tribus sunnites hostiles à la confédération tribale des Hached, puissante dans le Nord et qui a fourni au pays ses principaux dirigeants politiques jusqu'aux années 2010.
Ils ont pu améliorer leur image en participant activement à la contestation contre l'ex-président Ali Abdallah Saleh, dans le sillage du Printemps arabe en 2011. Les tribus yéménites sont traditionnellement bien armées. Les rebelles ont pu compter en plus sur l'énorme arsenal pris à l'armée, y compris des chars et des missiles balistiques dont des dizaines ont été tirés sur l'Arabie saoudite. «90% de l'armement des Houthis provient des stocks de l'armée qu'ils ont pris après leur entrée à Sanaa en septembre 2014», a affirmé le général Abdou Majli, un porte-parole des forces proches du gouvernement reconnu par la communauté internationale. Le pillage de ces stocks a eu lieu avec «la complicité de chefs militaires fidèles à Saleh, qui ont remis des camps entiers aux Houthis», a-t-il dit.
L'aviation de la coalition a détruit depuis 2015 de nombreux dépôts d'armes, mais les rebelles ont pu en «retirer d'importantes quantités d'armes et les cacher dans des caves et des caches à Saâda (leur fief du nord) et à Omrane», au nord de Sanaa, a-t-il ajouté. Les rebelles fabriquent en outre, selon lui, des missiles et des drones. Ils ont planté d'énormes quantités de mines autour des zones sous leur contrôle depuis le début de leur offensive. Parmi elles, le périmètre de la ville portuaire de Hodeida (ouest), essentielle pour l'acheminement de l'aide alimentaire.
L'Arabie saoudite et son allié américain accusent l'Iran de fournir un soutien militaire aux Houthis, dont des composants pour missiles. L'Iran admet soutenir les Houthis, mais dément leur fournir des armes. Les Houthis ont combattu l'armée yéménite à six reprises entre 2004 et 2010. Ils sont entrés en conflit avec l'Arabie saoudite en 2009/2010, effectuant une incursion en territoire saoudien. La coalition n'a pas réussi à remporter une victoire claire contre les Houthis malgré la maîtrise du ciel et d'une formidable puissance de feu. L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, un autre pilier de la coalition, ont perdu des dizaines de soldats dans la guerre.

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