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GRÈVES ET MANIFESTATIONS AU SOUDAN

La crise se mue en révolte

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Plusieurs jours durant, les manifestants ont bravé les forces de l'ordre, passant des cris de colère contre la cherté de la vie aux slogans politiques les plus virulents comme hier à Oumdurman, ville voisine de Khartoum et que les Algériens connaissent bien.

Au lendemain de la visite qu'il a effectuée en Syrie où il a été reçu par son homologue Bachar al Assad, le président soudanais Omar el Béchir qui avait appelé à un retour rapide de la Syrie sur la scène internationale - appel dont le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe vient d'indiquer qu'il se heurte à l'absence d'un consensus en raison de l'opposition de certains pays dont on devine aisément qui ils sont - doit faire face à une vague de manifestations et de troubles particulièrement inédits. Un mouvement de grève avait débuté lundi dernier, suite au mécontentement général suscité par l'augmentation soudaine du prix du pain. Mais très vite, la situation s'est embrasée, avec des heurts meurtriers qui ont transformé les actions de protestation en une vague contestataire considérée comme la plus importante durant les trois dernières décennies de pouvoir du général el Béchir.
Plusieurs jours durant, les manifestants ont bravé les forces de l'ordre, passant des cris de colère contre la cherté de la vie aux slogans politiques les plus virulents comme ce fut le cas hier à Oumdurman, ville voisine de la capitale Khartoum et que les Algériens connaissent tout particulièrement. Les employés des hôpitaux figurent au premier rang des grévistes qui ont annoncé la remise aujourd'hui même d'une «demande officielle exigeant la démission du président, en réponse à la volonté du peuple soudanais» assortie de l'installation immédiate d'un gouvernement de transition.
Au total, ce sont pas moins de 10 villes plus ou moins importantes qui sont concernées par le mouvement revendicatif et contestataire tout à la fois. La décision malencontreuse du gouvernement soudanais en place de tripler le prix du pain alors que le pays souffre depuis la sécession de la partie chrétienne du Soudan d'un marasme économique aggravé s'est traduite par des émeutes qui ont causé la mort d'au moins 22 personnes, chiffre communiqué par le dernier Premier ministre démocratiquement élu, Sadek al Mahdi, rentré au pays et désormais chef de l'opposition au président Omar el Béchir.
M. Mahdi a été chassé du pouvoir en 1989 par un coup d'Etat conduit par le président actuel qui l'a contraint à l'exil. Revenu au Soudan la semaine dernière, le voilà en pleine crise socio-politique appelant à «un changement de régime» qui va au-delà des émeutes contre la cherté de la vie et c'est sous sa houlette que les rassemblements se déroulent ces jours derniers sous le slogan «le peuple veut la chute du régime».
Le Soudan, amputé par la partition de son territoire du sud en 2011, connaît une crise grave, l'inflation dépassant les 70% et ses réserves d'or noir ayant été diminuées des trois quarts. Ce sont ces conditions particulièrement catastrophiques qui sont à l'origine de la révolte en gestation dont rien ne dit qu'elle pourrait se résorber sans grand dommage.

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