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MÉDIAS ET CHANCELLERIES UNANIMES SUR LA SYRIE

La victoire de Damas actée

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Bahrein dans le sillage des EmiratsBahrein dans le sillage des Emirats

Face à la menace turque, la population kurde a appelé à l'aide l'Armée arabe syrienne qui a aussitôt progressé vers la limite septentrionale du district de Manbij.

Sous les pressions multiples du Congrès, du Pentagone et de ses alliés occidentaux, le président américain Donald Trump a dû concéder une phase de quatre mois pour le retrait des 2000 soldats présents au nord-est de la Syrie.
La nouvelle a été divulguée par The New York Times qui se réfère à des responsables de l'administration américaine et le journal précise que le geste avait été promis lors de la visite surprise de Trump en Irak. L'annonce du retrait était intervenue quelques heures après un entretien entre le président Trump et son homologue turc Erdogan, au motif qu'un risque élevé d'affrontements entre les forces turques et américaines devait être évité, quitte à sacrifier les Kurdes des FDS-YPG. Ces derniers conscients de l'imminence d'une offensive dans le cadre de l'opération Bouclier de l'Euphrate visant à la fois les Kurdes et Daesh, avec laquelle Ankara entend se débarrasser de la menace séparatiste que représente l'enclave autonome kurde au nord de la Syrie ont aussitôt appelé à l'aide l'Armée arabe syrienne qui a aussitôt progressé vers la limite septentrionale du district de Manbij. L'entrée en Syrie des troupes turques en 2016 avait été dénoncée par Damas comme une atteinte flagrante à sa souveraineté et le gouvernement syrien n'a cessé, depuis, de demander à l'ONU un retrait de ces forces d'occupation. Réagissant à l'avancée de l'armée syrienne à Manbij, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a qualifié la reprise des régions kurdes de «tendance positive» élargissant la zone de contrôle du gouvernement syrien, et il a affirmé que cela «va dans le sens d'une stabilisation de la situation». Située tout au nord de la Syrie, Manbij est sous haute tension alors que les forces spéciales américaines doivent se retirer au cours des quatre prochains mois. Les unités de l'armée syrienne se déploient depuis quelques jours en riposte aux renforts turcs amassés près de la frontière et dans le but de répondre à l'appel des populations des villes menacées dans cette province. Réagissant favorablement à la décision du président Donald Trump de retirer ses troupes, Moscou a également invité la Turquie à s'abstenir de toute opération militaire et à respecter les accords de désescalade conclu dernièrement à Téhéran. Plus encore, le Kremlin a souhaité la restauration de la pleine souveraineté de la Syrie sur la dernière partie du pays encore occupée, considérant que cela ne peut que conforter le processus d'Astana et garantir le rétablissement de la paix et de la sécurité pour le peuple syrien mais aussi pour tous les peuples voisins. Au plan diplomatique, la tendance est de plus en plus favorable au retour de Damas sur le plan arabe puisque une semaine après la visite du président soudanais Omar al Béchir en Syrie, les Emirats arabes unis, puis Bahrein et le Koweït ont clairement opté pour la réouverture de leur ambassade, fermées depuis 2011. Mieux, à l'initiative de l'Algérie qui n'a jamais cessé d'oeuvrer au retour de la Syrie dans le giron de l'organisation pan arabe, la Ligue arabe ne cache pas son intention de réadmettre le gouvernement syrien à l'occasion du 30ème sommet qui se tiendra en mars prochain à Tunis. C'est ce qui fait dire à l'hebdomadaire dominical britannique The Observer, qu'il n'existe «plus aucun doute qu'al-Assad a absolument gagné la guerre sur plusieurs fronts, contre la rébellion, les réseaux terroristes et contre l'Occident». Quant au quotidien américain The Washington Post, il prend exemple de la reprise par les forces syriennes du contrôle du territoire national et la réouverture d'ambassades arabes pour reconnaître la victoire de Bachar al-Assad sur ses adversaires, et le renforcement de ses positions au Moyen-Orient, avec la réouverture en 2018 de la frontière syrienne avec la Jordanie. Médias et chancelleries prennent tour à tour acte d'un retour accéléré de la Syrie au plan arabe et sur la scène internationale.

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