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AU BRÉSIL, LE GOUVERNEMENT BOLSONARO A PRIS SES FONCTIONS

La croisade est lancée

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Hier entraient en fonctions notamment les poids lourds de ce gouvernement de 22 ministres, parmi lesquels sept militaires à la retraite, seulement deux femmes et aucun noir.

La toute jeune présidence de Jair Bolsonaro est entrée dans le vif du sujet hier, avec la prise de fonction des ministres, pour la plupart inexpérimentés, d'un gouvernement chargé de mettre en oeuvre des changements radicaux au Brésil.
Ce gouvernement resserré nommé par un président d'extrême droite qui veut rompre avec l'ordre établi devrait se mettre vite au travail pour faire prendre à la première puissance latino-américaine un virage qui s'annonce brutal tant sur le plan économique que diplomatique et sociétal.»Jair Bolsonaro a été appelé par Dieu et choisi par le peuple brésilien, qui vivait dans la peur», a affirmé Onyx Lorenzoni, ministre de la Maison Civile - à mi-chemin entre Premier ministre eet chef de cabinet - au début des cérémonies protocolaires à Brasilia.
Hier entraient en fonctions notamment les poids lourds de ce gouvernement de 22 ministres, parmi lesquels sept militaires à la retraite, seulement deux femmes et aucun noir. Il s'agit du ministre ultralibéral de l'Economie avec un portefeuille très élargi Paulo Guedes, de celui des Affaires étrangères Ernesto Araujo et du ministre de la Justice, l'ex-juge anticorruption Sergio Moro, figure emblématique de l'enquête anticorruption «Lavage express».
Dans ces deux discours d'investiture à Brasilia mardi, l'un devant le Congrès et l'autre, moins protocolaire, devant ses partisans, Jair Bolsonaro a lancé, sans surprise, une croisade contre la corruption, la violence et l'idéologie de gauche tout en réaffirmant les valeurs «judéo-chrétiennes».
C'est sur ce programme que 55% des électeurs ont élu en octobre l'ancien capitaine de l'armée. Et aujourd'hui 75% des Brésiliens disent que les mesures qu'il a déjà annoncées «vont dans la bonne direction».
Dès le soir de son investiture mardi, Jair Bolsonaro a pris un premier décret augmentant le salaire mensuel minimum à 998 réais (225 euros), sans toutefois aller au-delà de la barre des 1 000 réais, un signe de l'austérité qui s'annonce pour un Etat appelé à se serrer la ceinture. Autre mesure adoptée dès mardi, potentiellement très conflictuelle, la question de la démarcation des terres indigènes - que Jair Bolsonaro a jugées «surdimensionnées» - est passée sous la tutelle ddu ministère de l'Agriculture, dirigée par une représentante du puissant lobby de l'agronégoce, Tereza Cristina da Costa. Deux rencontres diplomatiques importantes étaient également prévues entre M. Bolsonaro et son ministre des Affaires étrangères et le Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo.
L'admiration de Jair Bolsonaro pour le président américain Donald Trump le pousse à un grand mimétisme, à la fois dans ses orientations politiques et son style. Il devrait se rendre aux Etats-Unis dans les tout premiers mois de son mandat. M. Bolsonaro a eu l'honneur d'un tweet de félicitations de son homologue américain pour «son super discours d'investiture». Un «Conseil de gouvernement» se réunira désormais tous les mardis en présence de Jair Bolsonaro et de son vice-président, le général en retraite Hamilton Mourao.

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