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MOUVEMENT DES GILETS JAUNES

Plus de 5 000 gardes à vue et 150 incarcérations

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Le choc des deux mondesLe choc des deux mondes

Environ 60 peines de prison ferme ont été prononcées à Paris par la justice depuis le début du mouvement.

Plus de 5000 personnes ont été gardées en vue, depuis le début à la mi-novembre du mouvement des gilets jaunes et 152 d'entre elles ont été placées en mandat de dépôt, a rapporté hier la presse française. Selon le ministère de la Justice, 5339 personnes ont été placées en garde à vue, depuis le début des manifestations du mouvement, le 17 novembre, dont 815 ont été jugées en comparution immédiate. Parmi les mandats de dépôt, 123 personnes l'ont été en dehors de la capitale. Pour les rassemblements organisés les samedis à Paris, le bilan du ministère de la Justice fait ressortir 1628 gardes à vue depuis fin novembre qui ont donné à 798 classements sans suite, soit 49% des procédures. Environ 60 peines de prison ferme ont été prononcées à Paris par la justice depuis le début du mouvement des «gilets jaunes», un mouvement populaire et apolitique. Selon la même source, les mesures alternatives aux poursuites ont été privilégiées dans un cas sur six en province (17,6%), citant, entre autres, «les rappels à la loi, l'orientation des manifestants vers une structure sanitaire, sociale ou professionnelle, ou encore la réparation des dommages».
Dans ce bilan, il faut savoir que de nombreux manifestants sont traduits devant la justice, dont ceux qui sont visés par une information judiciaire pour des affaires plus complexes et plus graves. Dans ce contexte de tension sociale que beaucoup considèrent comme une crise politique, le Premier ministre, Edouard Philippe, vient d'annoncer son intention de modifier le droit de manifester avec un durcissement des sanctions contre les manifestations non déclarées et les casseurs. Au cours de son intervention au JT de TF1, lundi soir, le Premier ministre a montré les contours de cette nouvelle lois qui prévoit, outre de sanctionner les organisateurs des manifestations non-déclarées, de mettre en place un principe de «casseur-payeur» et de créer un fichier pour interdire de manifestation les éléments les plus radicaux. Même si ces mesures vont dans le «bon sens», selon le syndicat de la police, elles ont néanmoins suscité de vives critiques de la part de l'opposition et des défenseurs des droits de l'homme et des libertés. Le leader de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, qui souhaite une sortie politique à la crise, a invité à déterminer un dispositif individuel pour chaque manifestant. «Quand il y a des violences des deux côtés, les deux côtés sont condamnables et doivent être condamnés», a-t-il réagi sur son compte Twitter, soulignant que «l'état de droit n'est pas à sens unique».
Pour Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), qui pense qu'»il n'y a pas d'ordre public possible, ni même souhaitable, sans justice sociale», le Premier ministre «autorise les manifestants à ne plus manifester, sinon ils seront fichés». Plusieurs personnalités politiques ont estimé que ces mesures sont inefficaces et que c'est une impasse dans laquelle il est impossible de «remédier vraiment à la crise». Laurent Wauquiez (Les Républicains) a estimé que les annonces sont «sans efficacité immédiate». Dans les rangs des communistes, l'on craint que ces mesures soient «une remise en cause de la liberté de manifestation et d'opinion». Par ailleurs, une bataille des cagnottes est livrée entre les partisans des policiers blessés et ceux qui soutiennent le boxeur qui a frappé samedi dernier un gendarme. Les premiers ont atteint la somme de 100 000 euros, alors que le groupe du boxeur, qui s'est livré à la police, a réussi à collecter plus de 145 000 euros versés par plus de 8000 donateurs. Qualifiée de cagnotte de la «honte» et de «prime pour casser le policier» par certains et de «solidaire» par d'autres, elle a due être clôturée par la plateforme en ligne Leetchi.

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