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MISE EN LIBERTÉ SUSPENDUE, DE LAURENT GBAGBO

La CPI a examiné, hier, l'appel du parquet

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La procureure Fatou Bensouda ayant décidé de faire appel dès la relaxe des prévenus, on a appris l'existence d'un conflit d'intérêt, son époux, homme d'affaires maroco-israélien, ayant eu des litiges avec Gbagbo.

Les procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) ont posé des conditions, hier, pour accepter la mise en liberté de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, acquittés il y a plus de deux semaines, dont notamment l'interdiction de rentrer en Côte d'Ivoire. La défense et l'accusation sont tombés d'accord pour qu'ils recouvrent la liberté en attendant un éventuel procès en appel. Mais les deux parties s'opposent sur un point crucial: l'accusation exige que cette mise en liberté soit soumise à de strictes conditions, telles que l'interdiction d'un retour en Côte d'Ivoire.»La Chambre d'appel peut ordonner la mise en liberté sous conditions au lieu d'un maintien en détention», a déclaré la procureure Helen Brady. L'accusation craint toutefois que MM. Gbagbo et Blé Goudé ne se présentent pas devant la Cour dans le cas d'un procès en appel, et souhaite que les deux hommes remettent leurs passeports et soient remis à la garde d'un pays prochedes Pays-Bas, où siège la CPI. La Belgique a été citée comme possible destination, comme cela avait été le cas pour le Congolais Jean-Pierre Bemba, acquitté l'an dernier. Les avocats de la défense exigent la mise en liberté immédiate des deux hommes, sous aucune condition, et certainement pas l'interdiction d'un retour en Côte d'Ivoire. «Il est impossible de limiter la liberté d'une personne innocente», a répété l'avocat de Laurent Gbagbo, Emmanuel Altit. Les juges devraient se prononcer à une date ultérieure, mais dans l'éventualité où ils ordonnent la mise en liberté immédiate de M. Gbagbo, il faudra plusieurs jours à la Cour pour régler les détails administratifs et logistiques.En détention depuis plus de sept ans, Laurent Gbagbo, 73 ans, était jugé pour des crimes commis pendant la crise de 2010-2011, née de son refus de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara. Les violences avaient fait plus de 3.000 morts en cinq mois. Il avait finalement été arrêté en avril 2011 par les forces du président Ouattara, soutenues par l'ONU et la France. Il est le premier ancien chef d'État à avoir été remis à la CPI. A la majorité, les juges de la chambre de première instance ont estimé que les preuves présentées par l'accusation étaient «exceptionnellement faibles». La procureure Mme Fatou Bensouda s'appuyait, hier, sur les arguments du seul juge ayant exprimé une opinion dissidente. Selon lui, «il existe des éléments de preuve permettant à une chambre de première instance raisonnable de condamner l'accusé». La procureure avait auparavant évoqué un «risque concret» que MM. Gbagbo et Blé Goudé ne comparaissent pas si leur présence est requise. Dans un document public, l'accusation avait annoncé «son intention de faire appel», démarche distincte qui pourrait prendre des mois. Mais des sources évoquent l'existence d'un conflit d'intérêt, l'époux de la procureure, homme d'affaires israélo-marocain en Côte d'Ivoire, ayant eu des litiges commerciaux avec le gouvernement Gbagbo.L'annonce de l'acquittement de l'ancien président ivoirien avait provoqué des scènes de liesse chez ses partisans en Côte d'Ivoire, avec un appel des autorités à «garder de la compassion pour les victimes». L'acquittement de M. Gbagbo intervient à une période sensible pour le pays, à l'approche des élections de 2020 visant à élire un successeur au président Ouattara, qui a annoncé qu'il ne se représentait pas après deux mandats de cinq ans.

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