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HAFTAR LANCE UNE ATTAQUE CONTRE LES GROUPES REBELLES TCHADIENS

Tribus Toubous et arabes sur le qui-vive

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Un char de l'ANL avance vers le sudUn char de l'ANL avance vers le sud

Faut-il rappeler qu'en 2017, la région avait été en proie à de sanglants affrontements entre les tribus Toubous et arabes au motif de préserver leur mainmise sur les multiples trafics qui échappent à tout contrôle.

De nouveau, l'armée nationale libyenne autoproclamée du maréchal Haftar a lancé une offensive en direction du sud du pays pour combattre les terroristes mais aussi les «groupes armés étrangers», manoeuvre qui va sans aucun doute attiser les tensions dans une région frontalière sensible et peut-être même affecter le fragile statu quo politique et ethnique en vigueur depuis des mois. La situation de la Libye n'a pas varié par rapport aux années antérieures et le pays demeure divisé entre un gouvernement d'union né de la médiation onusienne en décembre 2015, d'un côté, et un cabinet parallèle qui refuse de se soumettre et bénéficie du soutien de l'ANL de Khalifa Haftar, de l'autre. Les affrontements sporadiques et les rivalités se sont cantonnées au nord du pays, que ce soit dans la Tripolitaine ou dans la Cyrénaïque tandis que le sud désertique situé aux confins des pays voisins comme l'Algérie, le Niger, le Tchad et le Soudan reste ignoré par les parties en conflit et abrite une floraison de factions extrémistes qui se livrent à toutes sortes de trafics. Déjà, l'an dernier, l'ANL a mené une expédition punitive visant les milices qui tentent de s'emparer de terminaux pétroliers et de concurrencer l'influence du maréchal Haftar. Ces «groupes terroristes et criminels» avaient été donnés comme éradiqués mais la situation n'en est pas moins à ce jour incertaine. Trois semaines plus tôt, l'ANL a de nouveau organisé une attaque dans cette même région où la contrebande prospère à longueur de temps mais les ambitions d'une véritable purge paraissent toujours empiriques. Pourtant, l'armée de Haftar a annoncé l'élimination d'un dangereux terroriste, présenté comme un important responsable d'Aqmi (Al Qaïda au Maghreb) tout en cherchant, surtout, à chasser les groupes rebelles tchadiens responsables d'une insécurité ambiante et fomenteurs de bases arrières destinées à combattre le régime d'Idriss Deby.
Faut-il rappeler qu'en 2017, la région avait été en proie à de sanglants affrontements entre les tribus Toubous et arabes au motif de préserver leur mainmise sur les multiples trafics qui échappent à tout contrôle. Il aura fallu des médiations soutenues pour arracher un accord de paix péniblement consenti et le risque aujourd'hui serait de voir cette paix compromise, voire balayée. Les tentatives en ce sens ne manquent pas des deux côtés, Toubous et tribus arabes s'invectivant et s'accusant mutuellement de rechercher une épuration ethnique. L'ANL a révélé vendredi dernier des combats contre des rebelles tchadiens dans la zone de Ghuduwa, au sud de Sebha, ainsi que des raids aériens dont les Toubous affirment avoir fait les frais. La colère est donc montée jusqu'au nord du pays où leurs représentants ont protesté contre une éventuelle arrivée dans leurs cités de tribus arabes Ouled Suleiman et Al Zouaï. Démissions et protestations de Toubous membres du cabinet et du Parlement de l'Est en ont suivi, vite relativisées par le général Ahmed Al Mesmari, porte-parole de l'ANL. Selon les observateurs, la complexité de la situation tient aussi à l'ambivalence des Toubous dont une partie soutient les rebelles tchadiens tandis que l'autre revendique la rupture avec les tribus arabes. Elle est également aggravée par les enjeux pétroliers, des champs conséquents étant aux mains des Toubous, de sorte que le GNA de Fayez al Serraj a dénoncé une «escalade militaire» en anticipant l'éventuelle mainmise de Haftar sur ces richesses du sud du pays. Parallèlement, Tripoli voit dans l'attaque de l'ANL un acte de sabotage des efforts politiques pour résoudre la crise libyenne et une tentative de sape des prochaines élections. Sauf que le maréchal est encouragé par la France qui voit dans son offensive un gain conséquent avec «l'élimination de cibles terroristes importantes» et un coup porté à «l'activité des trafiquants d'êtres humains». C'est dire combien la solution consensuelle au drame libyen semble semblable à un mirage.

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