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ESCALADE DIPLOMATIQUE CHINE-TURQUIE

Ankara s'alarme du sort des Ouïghours

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Les Ouïghours ont des liens linguistiques et culturels avec la Turquie. Une partie d'entre eux dénoncent la répression de leur religion et de leur mode de vie par les autorités chinoises.

Vers une crise diplomatique Chine-Turquie? Pékin a annoncé hier avoir protesté officiellement auprès d'Ankara après de virulentes critiques turques visant le traitement réservé à la minorité turcophone des Ouïghours, dont plusieurs centaines de milliers seraient internés. Pékin a également démenti la mort en détention d'un chanteur ouïghour, dont avait fait état samedi la diplomatie turque. Un média d'Etat chinois a diffusé dimanche soir la vidéo d'un homme se présentant comme l'artiste en question et affirmant être en bonne santé.»Nous avons déjà transmis à la Turquie nos protestations officielles», a déclaré devant la presse Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. «Nous espérons que les personnes concernées côté turc pourront distinguer le vrai du faux et corriger leurs erreurs», a martelé Mme Hua. Elle a dénoncé les déclarations «déplorables» de la diplomatie turque et appelé Ankara à retirer ses «mensonges absurdes». Les Ouïghours ont des liens linguistiques et culturels avec la Turquie. Une partie d'entre eux dénoncent la répression de leur religion et de leur mode de vie par les autorités chinoises. Ils constituent le principal groupe ethnique du Xinjiang (nord-ouest de la Chine), une immense région qui a notamment des frontières communes avec l'Afghanistan et le Pakistan. Régulièrement frappée par des attentats meurtriers, attribués par Pékin à des séparatistes ou des islamistes ouïghours, elle fait l'objet d'une haute surveillance policière. Jusqu'à un million de musulmans, surtout des Ouïghours, y seraient détenus dans des centres de rééducation politique, selon des experts cités par l'ONU et des organisations de défense des droits de l'homme. Des accusations démenties par Pékin qui parle de «centres de formation professionnelle» contre la «radicalisation» islamiste. La Turquie, qui compte une importante communauté ouïghoure, avait qualifié samedi de «honte pour l'humanité» la «politique d'assimilation systématique» visant les Ouïghours, appelant la communauté internationale et le secrétaire général de l'ONU «à mettre un terme à la tragédie humaine qui se déroule au Xinjiang». Des déclarations qui ont fait l'effet d'une bombe, car les principaux pays à majorité musulmane ne s'étaient jusqu'à présent pas exprimés aussi fortement sur ce sujet sensible, soucieux de maintenir leurs relations avec Pékin, un important partenaire commercial. La Turquie a traditionnellement défendu la minorité ouïghoure. Le président Recep Tayyip Erdogan avait lui-même accusé en 2009 Pékin de commettre «une sorte de génocide» au Xinjiang. Des manifestations antichinoises violentes avaient également éclaté à Ankara en 2015 au sujet des Ouïghours.

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