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DOUBLE ATTENTAT À IDLIB EN SYRIE

Les terroristes règlent leurs comptes

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Des terroristes d'al nosraDes terroristes d'al nosra

«Les Etats-Unis demandent à la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et aux autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l'EI que nous avons capturés en Syrie afin de les traduire en justice», a tempêté le président Trump, dimanche dernier.

15 personnes dont 10 civils ont été tuées, hier, et de nombreuses autres blessées par la double explosion qui a secoué la ville d'Idlib. La situation reste complexe et instable dans certaines régions de la Syrie et plus particulièrement la province d'Idlib où ont été regroupés la quasi-totalité des groupes terroristes, évacués des autres villes après la victoire des forces syriennes et de leurs alliés russe et iranien. Tandis que les Kurdes des FDS-YPG tentent de déloger les derniers combattants de Daesh de leur ultime réduit à Baghouz, dans la province de Deir Ezzor les appelant à déposer les armes, les ministres des Affaires étrangères européens discutent encore de l'appel du président américain Donald Trump qui somme leurs pays respectifs, notamment la France et le Royaume-Uni, de rapatrier leurs ressortissants captifs en Syrie après avoir rallié le groupe Etat islamique, en train de rendre son dernier souffle. Les terroristes détenus sont français, allemands, irlandais, italiens, britanniques ou encore canadiens. Ces dernières années, des centaines d'étrangers ont été arrêtés par l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) au fil des batailles menées contre l'EI en Syrie. Aujourd'hui, ces combats touchent à leur fin et dans l'est du pays, les terroristes sont pris au piège dans une poche de moins d'un demi-kilomètre carré dans le village de Baghouz. Mais l'offensive «finale» des FDS dans cette région frontalière de l'Irak piétine, malgré le soutien de la coalition internationale antijihadistes emmenée par Washington. Via Twitter, le président Trump s'est livré à un réquisitoire sans complaisance contre les puissances européennes qui tergiversent. «Les Etats-Unis demandent à la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et aux autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l'EI que nous avons capturés en Syrie afin de les traduire en justice», a-t-il tempêté, dimanche dernier. «Il n'y a pas d'alternative car nous serions forcés de les libérer. Les Etats-Unis ne veulent pas que ces combattants de l'EI se répandent en Europe», a-t-il également plaidé.
Le cas d'Idlib demeure cependant le plus problématique. Hier, un double attentat a ébranlé la ville que contrôle le groupe terroriste Hayat Tahrir al Cham, alias Al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, mais où se trouvent aussi une foule d'autres factions extrémistes plus ou moins affaiblies et assujetties à Hayat tahrir al Cham. Selon les informations de l'OSDH, il y aurait eu d'abord l'explosion d'une bombe dissimulée sous une voiture, puis avec l'arrivée d'ambulances et le rassemblement des curieux celle d'une moto également piégée.
C'est à quelques mètres de là que se trouve le siège de l'instance administrative gérant pour le compte de HTS la ville d'Idlib, une instance pompeusement baptisée «Gouvernement du Salut», le quel reste une obsession des prétendus jihadistes sous quelque ciel qu'ils se trouvent. A Idlib, ce ne sont pas les règlements de compte ou les luttes d'influence qui ont manqué, depuis plus d'un an maintenant, entre les groupes terroristes dont HTS et les «rebelles» soutenus par la Turquie. Assassinats ciblés et attentats à la bombe jalonnent le quotidien de la ville-martyre qui a vécu l'enfer en janvier dernier avec des combats meurtriers entre HTS et une éphémère alliance rebelle. Défaite, cette dernière a ouvert la voie à la mainmise totale de Hayat Tahrir al Cham sur l'ensemble de la province qui, rappelons-le, était sur le point d' être reprise par l'Armée arabe syrienne en mai 2018, n'eut été le report de l'offensive consenti par Moscou et Téhéran après la forte insistance du président turc Erdogan. Car la province d'Idlib et certains territoires insurgés adjacents figurent dans l'accord russo-turc de septembre 2018 sur une «zone démilitarisée», un accord resté lettre morte depuis alors qu'il a empêché la vaste offensive militaire engagée par Damas.

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