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24 MORTS DONT 4 ENFANTS DANS LE DOUBLE ATTENTAT À IDLIB

Des manoeuvres sournoises contre la Syrie

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Le retrait des troupes ne signifie pas un changement de capLe retrait des troupes ne signifie pas un changement de cap

«Chercher à imposer ses conditions à un pays souverain, comment gérer ses territoires et interdire à un gouvernement souverain d'exercer un contrôle total sur son territoire, c'est un peu trop, même pour les autorités américaines actuelles», a observé, avec une certaine réserve diplomatique, Sergueï Lavrov.

24 personnes, dont 16 civils et 4 enfants, ont été tuées en Syrie lors du double attentat qui a eu lieu dans la ville d'Idlib, au nord-ouest du pays, dominée par le groupe terroriste Hayat Tahrir al-Cham (HTS). HTS, une mouvance extrémiste autour d'al Nosra, l'ex-branche syrienne d'Al-Qaïda, impose sa loi à toute la région d'Idlib et à des groupes rebelles affaiblis et des cellules dormantes de Daesh. 4 corps de combattants ont été retirés des décombres ainsi que ceux de quatre autres victimes non identifiées. Lundi soir, le bilan faisait état de 13 morts mais il a été vite revu à la hausse, sachant que l'attentat a eu lieu près du conseil local du «Gouvernement du Salut» instauré par HTS. Théâtre permanent d'affrontements entre groupes extrémistes, Idlib est devenue l'abcès de fixation en Syrie après que toutes les factions terroristes et rebelles eurent été transportées par l'Armée arabe syrienne dans cette zone de désescalade convenue par les trois pays instigateurs du processus d'Astana, la Russie et l'Iran, soutiens indéfectibles du régime syrien, et la Turquie qui appuie résolument les rebelles. Assassinats ciblés et combats sporadiques ont jalonné l'année 2018 alors que l'offensive majeure que Damas comptait engager en septembre a du être renvoyée à plus tard, sous la pression d'Ankara. Depuis, le délai du 31octobre a été largement dépassé et c'est un statu quo incertain qui perdure sans qu'on sache exactement quelle solution va devoir être mise en oeuvre dans une conjoncture qui voit la Turquie se focaliser sur la province de Manbij et l'élimination des combattants kurdes appuyés par les forces américaines. Si l'accord russo-turc sur la zone démilitarisée d'Idlib tient toujours, force est de constater que la montée en puissance de Hayat Tahrir al Cham n'est pas de nature à rassurer les partenaires d'Ankara et encore moins les autorités syriennes.
Un pays qui reste menacé de partition par les puissances occidentales, comme l'a affirmé hier le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Pour lui, les Etats-Unis ont interdit à leurs alliés toute participation à la reconstruction de la Syrie, et plus particulièrement celle des territoires sous le contrôle du gouvernement syrien. Par contre, Washington «encourage» les investissements dans la partie kurde visée par la Turquie, à l'Est de l'Euphrate, avec comme objectif tacite la création probable d'un Etat tampon dont Ankara ne veut entendre parler à aucun prix. C'est à la faveur d'une rencontre avec son homologue slovaque et actuel président de l'OSCE, Miroslav Lajcak, que le ministre russe a révélé cette stratégie américaine qui s'opère d'ores et déjà, sans tambour ni trompette, alors que les capitales concernées par le conflit ont les yeux rivés sur la question kurde face aux velléités turcs d'une offensive de grande envergure.» Leur objectif, et cela devient de plus en plus évident, est de diviser la Syrie et de créer sur la rive -est un quasi-Etat, ils y investissent déjà leurs moyens, et notamment ils forcent leurs alliés à payer l'aménagement de cette partie de la Syrie», a indiqué Sergueï Lavrov. Une donne qui prend tout son sens si l'on considère que la décision du président Donald Trump de retirer les 2000 soldats américaines encore présents en Syrie ne signifie nullement que Washington se désengage totalement dans ce conflit.De surcroît, la partition israélienne qui consiste à attaquer régulièrement les positions de l'armée syrienne pour apporter un soutien opportun aux groupes terroristes et ce sous le fallacieux prétexte d'une menace incarnée par des forces iraniennes et Hezbollah serait impactée négativement par un retrait complet alors même que le gouvernement Netanyahu rêve d'une partition de ses voisins, sinon de leur démembrement. «Chercher à imposer ses conditions à un pays souverain, comment gérer ses territoires et interdire à un gouvernement souverain d'exercer un contrôle total sur son territoire, c'est un peu trop, même pour les autorités américaines actuelles», a observé, avec une certaine réserve diplomatique, le MAE russe.

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