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BÉJI CAÏD ESSEBSI TENTERA-T-IL LA CARTE MONDHER ZENAÏDI?

Un atout coeur pour les Tunisiens

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Hafedh Caïd Essebsi est sur le pontHafedh Caïd Essebsi est sur le pont

Proche de l'Algérie, Mondher Zenaïdi peut s'enorgueillir, à bon droit, d'une respectabilité et d'une universalité qui ont été éprouvées dans maintes capitales arabes et occidentales.

La scène politique tunisienne a vibré, ces dernières quarante-huit heures, avec l'annonce d'une arrivée probable de Mondher Zenaïdi comme nouveau secrétaire général de «Nidaa Tounes». Même démentie, la nouvelle a été ressentie par les diverses familles qui se préparent à la présidentielle comme un véritable séisme, d'autant qu'à l'origine on dit que ce choix est dicté par le président Béji Caïd Essebsi lui-même, conscient de la nécessité de sauver les meubles ou ce qu'il en reste avant l'échéance électorale présidentielle et législative de décembre 2019.
Mais qui est Mondher Zenaïdi? La question interpelle certes les Tunisiens mais encore en Algérie où rares sont ceux qui connaissent l'homme. Il a été à plusieurs reprises ministre de Ben Ali, investi de portefeuilles sensibles comme le Tourisme, la Santé et le Commerce. A chacun de ses passages, il a achevé sa mission par de francs succès au point de mériter les hommages des partenaires comme des adversaires. En témoignent la ferveur et l'estime qu'avouent volontiers tous les collaborateurs rencontrés au cours de son chemin politique. Mais les vertus cardinales de Zenaïdi ne s'arrêtent pas là. Louangé par bon nombre de citoyens, il est aimé et respecté pour son humanisme, son empathie coutumière, son intégrité et sa franchise exemplaire, toutes qualités qu'il a démontrées avec une rare constance, y compris durant les années troubles qui ont accompagné la révolution du Jasmin.
Proche de l'Algérie, Mondher Zenaïdi peut s'enorgueillir, à bon droit, d'une respectabilité et d'une universalité qui ont été éprouvées dans maintes capitales arabes et occidentales, toujours avec la même verve et les qualités intrinsèques qu'il a héritées de son giron montagnard, à Kasserine. A son aise aussi bien à Paris et Dubai qu'à Tunis, Mondher Zenaïdi a un temps songé à créer son propre parti en 2014, raison pour laquelle je devais lui consacrer une interview circonstanciée. Les choses ont évolué autrement et il faut bien admettre que les jeux étaient à l'époque déjà faits, avec le deal conclu par les ténors de... «Nidaa Tounes» et d' «Ennahdha», Béji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi. Si vous interrogez un quidam tunisien à Sfax, Monastir, Bizerte ou Beja, vous aurez droit à maintes anecdotes qui ont marqué les esprits, comme ces visites impromptues, sans tambour ni médias, dans les entrepôts où étaient stockées les marchandises destinées à la spéculation ou ces opérations coup de poing contre les transitaires douteux. A l'aune de son exercice dans le secteur de la santé, la Tunisie ne soufrait d'aucune pénurie de médicaments ou de vaccins.
Bref, gestionnaire rigoureux et sans complaisance de quelque nature que ce soit, Mondher Zenaïdi est bien l'homme par qui les écuries d'Augias qu'est devenu le parti présidentiel pourraient sans doute être nettoyées. Il a les qualités nécessaires pour convaincre et pour mobiliser même si, en 2014, il a essuyé, à son corps défendant, des résultats dramatiques, faute de disposer d'un courant bien ancré dans le corpus politique et parce qu'il a choisi d'en appeler au «vote utile» sans réaliser que l'ombre d' «Ennahdha» était déjà omniprésente dans la société. Les néodestouriens ont ainsi joué la carte toute neuve de «Nidaa Tounes» pour contrer cette menace pendante et c'était aussi bien légitime qu'impératif. Depuis, bien de l'eau a coulé dans les rivières du pays et les élections municipales autant que les luttes intestines ont vidé «Nidaa Tounes» de toute sa substance dominatrice. Avec l'entrée en lice de «Tahya Tounes», le nouveau parti de Youssef Chahed, la situation se complique, du moins au détriment des courants néo destouriens et tout porte à croire qu'une fois de plus, ce sera «Ennahdha» qui en tirera les marrons du feu.Cela, le président Béji Caïd Essebsi ne peut l'ignorer, lui qui abat la carte Mondher Zenaïdi, à un moment crucial, pour espérer récolter dans tous les compartiments autres qu'islamistes, en décembre prochain.

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