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ROHANI REJETTE LA DÉMISSION DE MOHAMED JAVAD ZARIV

Un malentendu vite dissipé

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Le président iranien Hassan Rohani a rejeté hier la démission de son chef de la diplomatie, Mohammad Javad Zarif, visage de sa politique de détente avec l'Occident abhorrée des ultraconservateurs. «Je pense que votre démission va à l'encontre de l'intérêt du pays et je ne l'approuve pas», écrit M. Rohani dans une lettre adressée à M. Zarif et publiée sur le site Internet du gouvernement. «J'apprécie vos efforts incessants et votre engagement» en tant que ministre des Affaires étrangères et «je considère que, comme l'a dit de vous le guide suprême, Ali Khameneiû, vous êtes digne de confiance, courageux et pieux, et à la pointe de la résistance contre la pression totale exercée par les Etats-Unis» contre la République islamique, ajoute la lettre. M. Zarif avait annoncé sa démission lundi soir via son compte Instagram, sans fournir d'explications. Mardi, il a plaidé pour que son ministère retrouve son «statut» dans la conduite de la politique extérieure de l'Iran.»J'ai parfaitement conscience des pressions exercées sur l'appareil diplomatique du pays, le gouvernement et même le président élu par le peuple», écrit M. Rohani, qui fait figure de modéré dans le système politique iranien, dans sa lettre à M. Zarif. Il a été le principal artisan, côté iranien, de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015 à Vienne, et contre lequel se déchaînent les ultraconservateurs pour qui l'Iran, en échange d'énormes concessions, n'a rien obtenu de concret de ce pacte. Selon le site d'information Entekhab, sa décision de jeter l'éponge était liée à la visite surprise lundi à Téhéran du président syrien Bachar al-Assad. M. Zarif n'était présent à aucune des rencontres qu'a eues M. Assad avec M. Khamenei et M. Rohani, et Entekhab laisse entendre qu'il n'aurait pas apprécié d'être mis sur la touche.
Présent lors de ces deux rencontres, le général de division, Kassem Souleymani, chef de la Force spéciale El Qods, branche extérieure des Gardiens de la Révolution, et bras idéologique de la République islamique, a assuré que M. Zarif était «bien chargé de la politique étrangère» du pays, selon Sepah News, l'agence de presse des Gardiens.
Pour le général Souleymani, symbole du soutien apporté par Téhéran aux autorités de Damas dans la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011, M. Zarif «a toujours été soutenu et apprécié par les plus hautes autorités du système, tout particulièrement par le guide suprême», écrit Sepah News.»
Un manque de coordination au niveau du cabinet du président est à l'origine de l'absence du ministre des Affaires étrangères lors des rencontres avec M. Assad et par conséquent de ses récriminations», ajoute Sepah News en citant l'officier, pour qui «il n'y a eu aucune volonté délibérée d'écarter
M. Zarif de ces rencontres».
Dans un message publié sur son compte Instagram quelques minutes après l'annonce présidentielle, M. Zarif remercie le «peuple iranien», «les élites et les responsables» pour «la généreuse affection» dont ils ont fait part à son égard depuis qu'il est en fonction, et «en particulier au cours des trois dernières heures».»
J'espère, ajoute-t-il, que le ministère des Affaires étrangères, avec l'aide... du guide suprême et du président, et sous leur supervision, pourra exercer toutes ses responsabilités dans le cadre de la Constitution et des lois du pays».

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