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LE RÈGLEMENT DE LA CRISE LIBYENNE

Une urgence maghrébine

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Fayez al Serraj et Ghassan SalaméFayez al Serraj et Ghassan Salamé

Le Groupe des pays voisins tiendra une réunion le 5 mars prochain, au Caire, où Abdelkader Messahel, Khemaïes Jhinaoui et leur hôte Sameh Chokri se pencheront sur l'état actuel de la Libye ainsi que sur les voies et moyens de consolider le dialogue politique interlibyen.

Confortant le discours de l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU en Libye Ghassan Salamé, le président du Conseil présidentiel du gouvernement d'Entente nationale de Libye, Fayez al Serraj, a de nouveau proclamé sa conviction profonde quant à la seule démarche susceptible de permettre le règlement de la crise. Il faut, dit-il, passer par des élections convoquées et organisées sur une base constitutionnelle saine, à même de clarifier les positions des différents belligérants et de garantir un suffrage populaire à la mesure des attentes du peuple libyen. Pour al Serraj, cette exigence est néanmoins conditionnée par la tenue préalable d'une conférence nationale inclusive à la faveur de laquelle les diverses forces politiques et autres pourraient s'exprimer et établir, de manière consensuelle, une plateforme ouvrant la voie à la convocation des élections prévues.
C'est lors d'une intervention qu'il a eue durant le sommet de Charm el Cheikh, en Egypte, entre la Ligue arabe et l'Union européenne que le chef du gouvernement d'union basé à Tripoli a développé cet argumentaire après avoir évoqué les conditions actuelles dans lesquelles se trouve la Libye.
En mettant l'accent sur l'importance de la conférence nationale inclusive, portée aussi bien par le médiateur onusien que par le Groupe des pays voisins, al Serraj affiche une volonté réelle d'amener l'ensemble des forces en présence, partis politiques, parlement, milices, armée nationale autoproclamée, régions et tribus, sans oublier pour autant la société civile, à un débat constructif d'où pourrait émerger la solution tant attendue grâce à laquelle le peuple libyen pourra enfin s'affranchir de l'impasse actuelle.
Cette démarche qui est portée par Ghassan Salamé, dans le cadre onusien, et soutenue par le Groupe des pays voisins est donnée comme incontournable dés lors qu'il s'agit avant tout de préserver l'unité et la souveraineté de la Libye.
C'est ainsi que le Groupe des pays voisins tiendra une réunion le 5 mars prochain, au Caire, où Abdelkader Messahel, Khemaïes Jhinaoui et leur hôte Sameh Chokri se pencheront sur l'état actuel de la Libye ainsi que sur les voies et moyens de consolider le dialogue politique interlibyen dont il est évident qu'il doit être davantage stimulé si le pari des élections à l'échéance évoquée doit être tenu. L'Algérie, la Tunisie et l'Egypte accordent une importance capitale à la sauvegarde de l'unité et de la souveraineté du pays qui constituent une ligne rouge pour toutes les ambitions et les ingérences observées sur la scène politique et militaire libyenne. D'où l'impérieuse nécessité de progresser au plus vite dans la mise en place d'institutions aussi légitimes que fortes, non seulement sur le plan administratif et économique mais aussi et surtout dans le domaine militaire. Conscients de l'impact négatif des ingérences extérieures, les trois pays sont résolus à accompagner les parties libyennes dans le strict respect du processus démocratique que tentent de saborder certains pays mus par des intérêts sordides, processus qui doit conduire à l'instauration d'un Etat démocratique au service exclusif des Libyens et d'eux seuls.
La chose est d'autant plus cruciale et urgente que la menace terroriste connaît une croissance exponentielle, ce qui a conduit Fayez al Serraj à marteler une mise en garde contre le danger terrorisme: «Nous n'avons cessé d'appeler à la conjugaison des efforts pour le démantèlement de ses foyers où qu'ils se trouvent et à ne pas lui permettre de profiter des divisions politiques pour mettre en péril la sécurité des populations civiles.» Pour le responsable libyen, il est en effet plus que temps d'affronter «les enjeux communs, notamment l'émigration illégale et le terrorisme, désormais menaces transfrontalières pour la sécurité et la stabilité des sociétés» maghrébines et européennes.

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