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UN MOIS DE MARS CRUCIAL POUR LEUR MOUVEMENT

Les "gilets jaunes" encore dans la rue

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Le 16 mars coïncide avec la fin du Grand débat national lancé le 15 janvier par le chef de l'État français. Ce dernier, honni par les «gilets jaunes» qui scandent depuis des semaines «Macron démission!», a lancé une consultation nationale sans précédent.

Les «gilets jaunes», qui mènent une contestation sociale depuis mi-novembre en France, manifestaient de nouveau hier, début d'un «gros mois» de mobilisation pour marquer la fin du «Grand débat» lancé par le président Emmanuel Macron en réponse à leur mouvement. A Paris, plusieurs centaines de personnes réunies à l'Arc de Triomphe ont débuté à la mi-journée un parcours de 12 kilomètres, sous haute surveillance policière. Des manifestations sont prévues également en régions dans l'après-midi: à Marseille, Montpellier, Alès, Strasbourg, Nantes, et surtout Bordeaux et Toulouse où les contestations ont été les plus fortes au cours des semaines précédentes...Dans le Nord, les organisateurs ont appelé les «gilets jaunes» de la région et des pays voisins (Belgique, Angleterre, Luxembourg, Pays-Bas, Allemagne) à «converger» vers Lille. «La lutte est internationale», affirme le message de l'événement Facebook traduit en anglais et allemand. La foule à Paris était moindre que lors de précédents samedis, reconnaissaient plusieurs manifestants, qui placent tous leurs espoirs dans la mobilisation du 16 mars, présentée comme une journée clé. Le 16 mars coïncide avec la fin du Grand débat national lancé le 15 janvier par le chef de l'État français. Ce dernier, honni par les «gilets jaunes» qui scandent depuis des semaines «Macron démission!», a lancé une consultation nationale sans précédent, d'une durée de deux mois, pour tenter de répondre à leur colère en recueillant les doléances des Français. Ce débat, qui a suscité 10.000 réunions en France et plus d'un million de contributions sur internet, est qualifié de «mascarade» et de «campagne de communication» par de nombreux «gilets jaunes». «Le 16, ce sera très gros». «Le 16, ça va être décisif», renchérit Raymond, 55 ans, technicien de maintenance, venu de l'Oise, en région parisienne, comme tous les samedis depuis le 17 novembre. Alors qu'Emmanuel Macron a estimé vendredi que ce mouvement n'était «plus compréhensible par bon nombre de citoyens», Catherine, retraitée, juge qu'il ne perd pas de son ampleur. Beaucoup de Français «sont gilets jaunes dans l'âme'', pas besoin d'être présents physiquement», assène-t-elle. Partie d'un ras-le-bol contre la hausse des taxes et pour davantage de pouvoir d'achat, la fronde s'est étendue à des revendications hétéroclites. Le 17 novembre, ils étaient 282.000 dans la rue pour le premier acte de ce mouvement né sur les réseaux sociaux. Samedi dernier, ils étaient 46.600 dont 5800 à Paris, selon les autorités, des chiffres régulièrement contestés par les manifestants. La stratégie du gouvernement a consisté à jouer la montre en espérant une lente, mais inexorable érosion du mouvement, confronté à des dérapages dus à la présence de casseurs dans la plupart des manifestations. En outre, ni le Premier ministre ni le président Macron n'ont voulu consentir une quelconque concession sur les mesures dénoncées par les Gilets jaunes, comme la suppression de l'impôt sur la fortune ou le rétablissement de l' indexation des retraites et des prestations sociales sur le taux d'inflation. Le bras de fer sera jaugé à la faveur des élections européennes pour lesquelles les sondages donnent d'ores et déjà La République en marche et le Rassemblement national de Marine Le Pen au coude à coude.

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