Accueil |Internationale |

WASHINGTON FERME SON CONSULAT GÉNÉRAL AUPRÈS DES PALESTINIENS

Les promesses de Donald Trump

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Un transfert qui bafoue les accords d'Oslo et de Camp DavidUn transfert qui bafoue les accords d'Oslo et de Camp David

Ainsi, la boucle est-elle bouclée puisque les Etats-Unis deviennent aujourd'hui la seule grande puissance à ne disposer d'aucune représentation diplomatique consacrée auprès des Palestiniens.

Dans le sillage de la reconnaissance controversée du président américain Donald Trump d'El Qods comme capitale d'Israël, les Etats-Unis ont annoncé, hier, la rétrogradation du niveau de leur représentation diplomatique auprès des Palestiniens. Le consulat général américain à El Qods-Est qui avait rang de représentation diplomatique auprès de l'Autorité palestinienne, et ce depuis les accords d'Oslo en 1990, est intégré à l'ambassade, conformément à la volonté de Benjamin Netanyahu et aux promesses faites par le candidat Trump à ses soutiens financiers sionistes durant la campagne électorale de 2016 pour la conquête de la Maison Blanche. C'est, bien sûr, un nouveau coup sévère que porte l'administration Trump, foncièrement pro israélienne, aux Palestiniens alors même que le milliardaire américain et son entourage proche, en particulier son gendre et conseiller pour le conflit israélo-palestinien Jared Kushner prétend conduire bientôt une «médiation» en vue d'imposer ses «propositions» de paix.
Lesquelles propositions, effrontément baptisées «accord du siècle», ont été qualifiées, voici quarante- huit heures, par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov d'«inacceptables». Le transfert de l'ambassade américaine à El Qods s'est fait en 2018 contre une réprobation internationale, l'assemblée générale de l'ONU rappelant à juste titre les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité sur la question d'El Qods et du droit des Palestiniens à un Etat avec El Qods - Est comme capitale, même si la politique du Premier ministre sioniste Benjamin Netanyahu consiste, depuis son arrivée à la tête du Likoud puis du gouvernement israélien, à rendre caducs les accords d'Oslo et ceux de Camp David à travers un colonisation de» peuplement des territoires occupés.
La mesure annoncée, hier, par le Département d'Etat est la dernière d'une longue série d'autres mesures dont le seul objectif est de nier l'existence même du peuple palestinien et ses droits légitimes. Il n'en demeure pas moins que c'est une mesure de l'administration Trump et que celle-ci n'est pas appelée à perdurer éternellement à la tête des Etats-Unis. Efficacité diplomatique ou pas, cette mesure aussi inique que celles qui l'ont précédée depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche signifie bel et bien la consécration de la volte-face de la diplomatie américaine dans le conflit israélo-palestinien, malgré les condamnations et les réprobations de la communauté internationale. Et ce n'est donc pas par hasard que le numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine, Saëb Erekat, l'a commenté en estimant qu'il s'agit du «dernier clou enfoncé dans le cercueil» du rôle historique de médiateur joué par les Etats-Unis. Comment pourrait-il en être autrement quand l'ambassadeur des Etats-Unis en Israël n'est autre que David Friedman, dont le rôle durant la campagne électorale de Donald Trump, complétait celui de Jared Kushner pour avaliser la démarche mise en oeuvre depuis janvier 2018? «L'administration américaine place la Palestine sous la coupe d'Israël», s'est indignée à juste titre Hanane Achraoui, autre responsable de l'OLP. M. Friedman, un des proches aux convictions sionistes enflammées de Donald Trump, est mal venu pour parler à la direction palestinienne qui ne peut voir en lui que l'avocat zélé des appétits israéliens et de leur politique de colonisation, puisqu'il est l'un des artisans du transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à El Qods. Les Etats-Unis ont une présence diplomatique permanente à El Qods depuis 1857, bien avant la création d'Israël en 1948. Le département d'Etat passe sous silence le fait que ce qui était depuis 1912 et jusqu'à ce jour la résidence du consul général, tout près de la Vieille ville, va échoir comme résidence à l'ambassadeur Friedman! Ainsi, la boucle est-elle bouclée puisque les Etats-Unis deviennent aujourd'hui la seule grande puissance à ne disposer d'aucune représentation diplomatique consacrée auprès des Palestiniens. Leur représentante, une certaine Karen Sasahara, a «quitté ses fonctions»...

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha