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DISCUSSIONS AVEC LA CORÉE DU NORD

Trump s'accroche à sa stratégie du "tout ou rien"

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A Hanoï, Donald Trump a déjoué les pronostics en refusant de se contenter d'un accord partiel sur le nucléaire nord-coréen. Mais malgré l'échec et le scepticisme ambiant, il s'accroche à sa stratégie du «tout ou rien» en misant sur son «alchimie» avec Kim Jong Un. Le président des Etats-Unis a assuré vendredi que sa relation avec le jeune homme fort de Pyongyang restait «très bonne», tandis que ses équipes minimisent le fiasco du deuxième sommet entre les deux hommes, qui n'ont pas réussi à s'entendre fin février sur un donnant-donnant même modeste. Et pour cause. «Personne dans l'administration ne préconise une approche pas à pas», a tranché cette semaine un haut responsable américain. Autrement dit, Washington veut d'emblée un «grand accord» qui permette d'un coup la «dénucléarisation définitive et entièrement vérifiée de la Corée du Nord» en échange de la levée des sanctions qui étranglent l'économie du pays reclus. «On dirait vraiment que l'administration est sur une approche 'tout ou rien''», «ce qui ressemble à un retour en arrière» qui «ne va pas vraiment plaire au régime Kim», a constaté Frank Aum, ex-conseiller au Pentagone, lors d'une rencontre au cercle de réflexion United States Institute of Peace (Usip).
Cette posture a surpris plus d'un observateur car, dans les semaines avant le sommet de Hanoï, plusieurs petits signes avaient laissé penser que le gouvernement américain commençait à se faire à l'idée d'une négociation plus classique, par étapes. «Rien ne presse», lâchait le locataire de la Maison-Blanche. «C'est un processus qui prendra du temps», prévenait son secrétaire d'Etat Mike Pompeo. De son côté, le négociateur Stephen Biegun proposait des avancées «simultanément et en parallèle» et évoquait une possible marge de manoeuvre en matière de sanctions, donnant l'impression de se rapprocher de la revendication nord-coréenne de contreparties à chaque étape de son désarmement. Mais lors du sommet, Kim Jong Un a proposé de démanteler son complexe nucléaire de Yongbyon en échange de la levée des principales sanctions, et Donald Trump a refusé. Pas assez. Le président américain a exigé «l'élimination complète de leur programme d'armes de destruction massive», a rapporté le haut responsable américain, estimant que les «approches progressives» avaient «échoué» par le passé. A Washington, cette fermeté a été interprétée comme la victoire du conseiller présidentiel à la sécurité nationale John Bolton, faucon de longue date sur le dossier nord-coréen, sur le duo Pompeo-Biegun. Et alors que la classe politique américaine va de plus en plus se tourner vers la prochaine présidentielle, les Etats-Unis ont même exhumé un objectif qui semblait avoir été enterré et que tous les experts jugent irréaliste: la dénucléarisation totale de la Corée du Nord d'ici la fin de l'actuel mandat du milliardaire républicain, en janvier 2021. Or pour Jenny Town, du think tank 38 North, faute d'accord partiel au Vietnam, «on a perdu la dynamique» créée par le rapprochement inédit entre les deux dirigeants et «le cercle vicieux est déjà en train de s'enclencher». Des images satellitaires analysées notamment par son organisation révèlent en effet que Pyongyang semble avoir reconstruit un site d'essais de fusées qu'il avait promis de démanteler, et l'agence officielle nord-coréenne a «blâmé» ouvertement les Américains pour l'échec du sommet. La dynastie des Kim a toujours vu la bombe atomique comme une garantie face aux intentions hostiles, voire belliqueuses, prêtées aux Etats-Unis.

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