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APRÈS HUIT ANS DE GUERRE, LE GRAND DÉFI DE LA RECONSTRUCTION

L'autre combat de la Syrie

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Huit ans de guerre et de ravagesHuit ans de guerre et de ravages

Des plaies béantes sont là, qui témoignent de l'immense tragédie avec plus de 300 000 morts, un champ de ruines à perte de vue dont la facture dépasse les 400 milliards de dollars, quelque 13 millions de réfugiés et de déplacés dans diverses régions du monde.

Survivre à huit années de guerre totale assortie de crimes innommables, c'est le glorieux fait d'armes dont peut s'enorgueillir à bon droit la Syrie qui a bel et bien vaincu l'ouragan terroriste dont la déferlante visait à l'emporter corps et âme. Mais à quel prix? Les autorités syriennes, avec à leur tête le président Bachar al Assad que certaines capitales occidentales, entre 2011 et 2015, croyaient faire «disparaître», conformément aux voeux d'Israël et des lobbies sionistes motivés par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, sont toujours là, huit ans après, mais ils ont désormais conscience que la tâche la plus rude et le défi le plus important commencent à peine, avec la reconstruction nécessaire de leur pays ravagé aussi bien socialement qu'économiquement.
Des plaies béantes sont là, qui témoignent de l'immense tragédie avec plus de 300.000 morts, un champ de ruines à perte de vue dont la facture dépasse les 400 milliards de dollars, quelque 13 millions de réfugiés et de déplacés dans diverses régions du monde, à commencer par la Jordanie, le Liban et la Turquie qui a joué une partition singulière avant de rejoindre le processus d'Astana et de s'employer à juguler le «péril kurde» qui n'existait pas avant le printemps arabe. Et du fait même de ces présences étrangères unilatérales, que ce soit dans le cadre de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis officiellement contre Daesh ou dans celui plus étriqué de l'avancée des troupes turques résolues à éliminer les FDS-YPG dont Ankara est convaincue qu'ils agissent en accointance avec le PKK terroriste qui ensanglante le pays depuis de nombreuses années, de ce fait même, dis-je, l'Armée arabe syrienne se voit contrainte de ronger son frein.
Stoppée en plein élan de reconquête, notamment à Idlib mais aussi dans la province pétrolière de Deir Ezzor, elle attend le moment opportun d'affranchir le dernier tiers du territoire national. Mais cela dépend de facteurs exogènes comme le retrait virtuel des 2000 soldats américains, annoncé dans un tweet fracassant par le président Donald Trump, avant d'être relativisé sous une double pression interne et internationale, ou comme cette menace pendante d'une offensive turque de l'autre côté de l'Euphrate, pour déloger, semble-t-il, les forces kurdes soutenues par la coalition.
Alors que les organisations de l'ONU et certaines ONG s'efforcent vaille que vaille d'atténuer les souffrances de la population en général, le gouvernement syrien change de registre en s'attaquant aux exigences d'un contexte économique dramatique bien plus qu'aux indispensables mesures sécuritaires face à la persistance d'un terrorisme résiduel. La réouverture de la frontière avec la Jordanie et l'aide fournie par les alliés iranien et russe sont des facteurs essentiels qui permettent de répondre aux besoins les plus immédiats. Mais le prix de la reconstruction est tel qu'il va falloir mobiliser des ressources autres, comme du côté de la Ligue arabe. Un véritable cas de conscience pour le gouvernement de Bachar al Assad.
Celui-ci est, à cette heure, préoccupé, d'abord et avant tout, par le sort de la province d'Idlib et de sa capitale éponyme. Hayat Tharir al Cham (HTS), alias Fateh al Cham, alias al Nosra, branche syrienne d'al Qaïda, domine de tout son poids la région et impose à tous les autres groupes, terroristes et rebelles, sa loi d'airain. La grande offensive de l'armée syrienne a été stoppée in extremis en septembre 2018 par un accord concédé du bout des lèvres, à Moscou, au président Recep Tayyip Erdogan par un Vladimir Poutine qui avait d'abord dit «Niet» à Téhéran. Le grand vainqueur de cette concession dont les attendus n'ont jamais été respectés n'est autre que HTS et non pas ces groupes extrémistes rebelles que le président Erdogan voulait sauver. La confrontation des intérêts, même entre alliés, impacte forcément le programme de réhabilitation de l'économie syrienne, en proie, invariablement, aux sanctions les plus dures des Etats-Unis. Reste que le tandem Moscou et Téhéran mène la barque de la reconstruction, après avoir conduit à bon port celle de la victoire militaire, et c'est leur effort commun qui dira si l'énergie, le bâtiment, l'agriculture et le pétrole de la Syrie vont retrouver toutes leurs forces.

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