Accueil |Internationale |

LA CONTESTATION TOURNE À LA VIOLENCE

Les Gilets jaunes saccagent les Champs Elysées

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font
Un regain de mobilisation et de tensionUn regain de mobilisation et de tension

Le ministre de l'Intérieur, dont les propos ont souvent servi à envenimer la situation, a déploré le fait qu' «un certain nombre de gens ne sont venus que pour casser», avant d'indiquer qu'ils étaient 1.500 «ultraviolents» à s'être infiltrés parmi les «7.000 à 8.000» manifestants à Paris.

Quatre mois quasiment depuis le début de leur mouvement le 17 novembre 2018, les Gilets jaunes ont sans doute voulu marquer de leur empreinte ce 18ème samedi de manifestations à travers la France et, plus particulièrement, à Paris. Hier, la capitale française vivait à l'heure de violents affrontements sur l'avenue des Champs Elysées. Des barricades et des véhicules de la gendarmerie enflammés, des boutiques pillées, le Fouquet's - célèbre café des rendez-vous prisés par les célébrités du monde politique et du show-bizz- incendié, des pavés jetés sur les policiers qui couraient à la recherche d'un abri, la nouvelle journée d'action a donné lieu à un nouveau vent de révolte contre la politique sociale et fiscale du président Emmanuel Macron et de son gouvernement. C'est aux cris de «mort au capitalisme» et de slogans contre la police, accusée de violences excessives, que des groupes de manifestants, nullement impressionnés par le vote intervenu deux jours auparavant d'une loi anti-casseurs portée par la droite radicale, se sont lancés à l'assaut de nombreux magasins de luxe (Lacoste, Hugo Boss et autres) ainsi qu'à des brasseries de prestige. Les images remettaient en mémoire les évènements vécus en décembre dernier, avant que le chef de l'Etat ne lance l'initiative du Grand débat national, dont on ne sait si les conclusions donneront lieu ou pas à des mesures suffisantes pour apaiser le conflit social actuel. Hier, nombre de Gilets jaunes disaient clairement «ne pas être dupes» de la manoeuvre et promettaient au président Macron qu'il ne réussira pas à dompter leur colère.
Le ministre de l'Intérieur, dont les propos ont souvent servi à envenimer la situation, a déploré le fait qu' «un certain nombre de gens ne sont venus que pour casser», avant d'indiquer qu'ils étaient 1.500 «ultraviolents» à s'être infiltré parmi les «7.000 à 8.000» manifestants à Paris. Sous les pavés des Champs, il y avait non plus la plage, comme en mai 68, mais des montagnes de résidus des grenades lacrymogènes et des LBD utilisées massivement par les forces de l'ordre qui ont pourtant été submergées, alors que 44 personnes ont été interpelées en milieu d'après-midi. Sur les réseaux sociaux grâce auxquels le mouvement est apparu et s'est organisé, de semaine en semaine, les principales figures de la fronde étaient montées au créneau, la veille, pour promettre un samedi porteur d'un «regain de mobilisation». Les marcheurs étaient ainsi appelés à converger en masse vers la capitale pour y donner un solennel avertissement aux gouvernement et au président français dont ils voyaient bien la volonté de passer outre leurs revendications. Tour à tour, ils ont pronostiqué une «journée mémorable», un «ultimatum» et même une internationalisation de leur mouvement appuyé par des Gilets jaunes venus de Belgique, d'Italie, des Pays-Bas et même de Pologne! La stratégie de canalisation des mécontentements sociaux et politiques semble donc avoir failli, avant même que ne soit communiqué le bilan du Grand débat national et les décisions qui découleraient des propositions émanant des assemblées citoyennes. «Un flop», avait dénoncé, voici une semaine, le chef de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon pour qui il n'y a pas eu de vrai engouement pour cette opération corned-beef. Il n'est pas le seul à affirmer que le taux de participation réel, aussi bien dans les assemblées animées par Emmanuel Macron en personne que dans le forum ouvert sur Internet, s'est avéré «dérisoire». Pourtant, le chiffre de mobilisation des Gilets jaunes paraissait bien en perte de vitesse, passant de 282.000 le 17 novembre à 28.000 à peine, la semaine dernière. Chiffres évidemment contestés par les Gilets jaunes. «On a été trop gentils, c'est pour ça que c'est violent aujourd'hui. Je suis pas pour mais on est gouvernés par des corrompus qui se permettent de nous donner des leçons», a dénoncé hier l'un d'entre eux pour qui le Grand débat est une mascarade.» Depuis 4 mois déjà, les forces de l'ordre sont soumises à rude épreuve pour tenter d'endiguer la violence et les déprédations mais les déclarations de certains dirigeants et responsables politiques sont chaque fois venues pour remettre un peu d'essence sur le feu. De sorte que l'issue paraît de plus en plus incertaine et l'appel à un «siège de l'Elysée» de moins en moins improbable.

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha