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NOUVELLE-ZÉLANDE

L'auteur du carnage de Christchurch inculpé

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Recueillement sur les lieux de la tuerieRecueillement sur les lieux de la tuerie

Les victimes venaient des quatre coins du monde musulman, a souligné lors d'une conférence de presse Mme Ardern, en indiquant que la Turquie, le Bangladesh, l'Indonésie ou encore la Malaisie avaient proposé l'aide consulaire à leurs ressortissants.

L'extrémiste australien qui a tué, vendredi, 49 personnes dans deux mosquées de Christchurch, dans un carnage retransmis en direct sur les réseaux sociaux, a été inculpé hier par un tribunal de la ville néo-zélandaise, où il a fait de la main le signe des suprématistes blancs. Brenton Tarrant, 28 ans, est apparu menotté. Non loin du tribunal, 39 personnes sont toujours hospitalisées pour des blessures reçues lors du carnage.
Parmi les blessés figurent un garçon de deux ans et une fillette de quatre ans, évacuée dans un état critique vers un plus grand établissement. Les médecins de l'Hôpital de Christchurch ont dit avoir travaillé toute la nuit de vendredi à samedi dans 12 salles d'opération pour venir en aide aux survivants.
Pour nombre d'entre eux, la convalescence sera longue après de nombreuses interventions chirurgicales. Sans parler du traumatisme psychique.
La Première ministre Jacinda Ardern a qualifié de «terroriste» cette attaque et parlé d'une des «journées les plus sombres» jamais vécues par la Nouvelle-Zélande. L'attentat, qui a soulevé une vague de condamnations à travers le monde, apparaît comme le plus meurtrier de l'époque contemporaine contre des musulmans dans un pays occidental. Les deux cibles du tireur étaient la mosquée al Nour dans le centre-ville, où 41 personnes ont péri, et une seconde en banlieue, à Linwood, où sept personnes sont mortes. Une 49e victime a succombé à l'hôpital.
Les victimes venaient des quatre coins du monde musulman, a souligné lors d'une conférence de presse Mme Ardern, en indiquant que la Turquie, le Bangladesh, l'Indonésie ou encore la Malaisie avaient proposé l'aide consulaire à leurs ressortissants. Un Saoudien et deux Jordaniens figurent parmi les victimes. Cinq Pakistanais sont portés disparus. Coiffée d'un foulard noir, Mme Ardern est allée rencontrer hier des rescapés de la tuerie et des familles dans une université où a été installé un centre d'information pour les victimes. Cette tragédie a provoqué une onde de choc en Nouvelle-Zélande, un pays de cinq millions d'habitants dont seuls 1% se disent musulmans, et un archipel connu pour sa douceur de vivre, sa tradition d'accueil et sa faible criminalité, avec une cinquantaine de meurtres par an seulement.
Mme Ardern a précisé lors d'une conférence de presse que le tireur avait amassé un petit arsenal et disposait d'un permis de port d'armes obtenu en novembre 2017, promettant des réformes. Au moins deux armes semi-automatiques et deux fusils ont été utilisés par le tireur. Certaines modifiées pour plus d'efficacité. Le terroriste a publié sur Twitter un «manifeste» raciste de 74 pages, intitulé «Le grand remplacement», en référence à une théorie complotiste populaire dans les milieux d'extrême droite selon laquelle les «peuples européens» seraient «remplacés» par des populations immigrées. Les facteurs déterminants dans sa radicalisation ont été la défaite à la présidentielle française de 2017 de la dirigeante d'extrême droite Marine Le Pen et la mort de la petite Ebba Åkerlund, à 11 ans, dans l'attaque au camion-bélier de 2017, à Stockholm. Il y rend aussi hommage au président américain Donald Trump, lequel a estimé vendredi que l'idéologie de la suprématie blanche n'est «pas vraiment» une menace. Le tueur a diffusé en direct sur les réseaux sociaux les images du carnage, où on le voit passer de victime en victime, tirant sur les blessés à bout portant.
Les autorités ont averti les internautes qu'ils pourraient encourir jusqu'à 10 ans de prison en cas de partage de cette vidéo, diffusée sur Facebook Live. Les comptes Twitter, Instagram et Facebook où ont été publiés la vidéo, les photos et le manifeste ont été suspendus. Deux autres hommes sont en garde à vue mais leur lien avec l'attaque n'a pas été clairement établi. L'un des deux, Daniel Burrough, 18 ans, a été inculpé pour incitation à la haine.
La police australienne a annoncé de son côté s'être rendue dans la maison d'enfance de Tarrant dans la ville de Grafton, au nord de Sydney, où des membres de sa famille ont été interrogés.

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