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GILETS JAUNES ET «MARCHE DU SIÈCLE» SECOUENT L'ELYSÉE ET MATIGNON

La France à l'heure de "l'Ultimatum"

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Des revendications en souffranceDes revendications en souffrance

Hier, le Premier ministre a tenu une réunion avec le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et le secrétaire d'Etat Laurent Nuñez afin de préparer les mesures envisagées par le chef de l'Etat, tandis que l'opposition s'en donnait à coeur joie pour fustiger le «laisser-aller».

Tandis que les manifestants de la «Marche du siècle» défilaient par dizaines de milliers partout en France pour protester contre «l'inaction» face aux changements climatiques, tout en appuyant par ailleurs les revendications sociales des Gilets jaunes, ces derniers ont focalisé l'attention du pays et du monde entier avec un nouveau regain de tensions exacerbées. Et c'est sur les Champs Elysées que les violences ont atteint leur paroxysme, avec des boutiques pillées, des heurts à coups de pavés et de gaz lacrymogènes avec les forces de l'ordre, un immeuble incendié. Au terme d'une soirée tumultueuse, l'acte XVIII des Gilets jaunes s'est soldé par 200 gardes à vue parmi lesquelles 15 mineurs, selon les chiffres communiqués par le parquet de la capitale. Outre la brasserie Le Fouquet's, plusieurs enseignes de prêt-à-porter, le chocolatier Jeff de Bruges, un store du fabricant chinois de smartphones Xiaomi et d'autres magasins au nombre de 80 ont subi des dommages plus ou moins graves que certains manifestants justifient en affirmant que «c'est quand on casse qu'on obtient d'être entendu»... Personnalités politiques et élus ont exprimé leur colère, se disant particulièrement choqués par «l'inertie» du gouvernement devant des «boutiques dévastées» et une «violence extrême». Interpellé, le Premier ministre ainsi que l'Elysée dont l'opposition critique «l'incompétence» promettent des «décisions fortes» en réponse aux violences de ce 18ème samedi baptisé par les Gilets jaunes jour de «l'Ultimatum».
Emmanuel Macron, rentré précipitamment d'un week-end de ski dont on peut se demander s'il répond aux exigences de la situation passablement tendue, depuis quatre mois maintenant, se découvre dos au mur, alors que son Grand débat national ne semble déjà plus de nature à calmer la grogne qui secoue le pays. «Nous avons aujourd'hui des gens qui essayent par tous les moyens (...) d'abîmer la République pour casser, pour détruire au risque de tuer», a affirmé le chef de l'Etat, lors d'une visite à la cellule de crise du ministère de l'Intérieur où il a été informé de ces nouvelles scènes de violences, semblables à certaines actions des épisodes précédents. «Beaucoup de choses ont été faites depuis novembre mais très clairement la journée d'aujourd'hui montre que sur ces sujets-là et ces cas-là, nous n'y sommes pas», a-t-il cependant concédé. Hier, le Premier ministre a tenu une réunion de crise avec le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, et le secrétaire d'Etat, Laurent Nuñez afin de préparer les mesures envisagées par le chef de l'Etat, tandis que l'opposition s'en donnait à coeur joie pour fustiger le «laisser-aller» contre lequel elle réclame une réaction exemplaire.«Il est temps d'agir», a tweeté le chef de file des Républicains alors que d'autres ténors de la droite ont surenchéri en réclamant la mise en oeuvre sans tarder de la nouvelle loi anti-casseurs adoptée par le Parlement et en instance de validation par le Conseil constitutionnel. Quant à Marine Le Pen, porte-étendard du Rassemblement national, elle s'est fendue d'une sentence lapidaire sur Twitter: «les black blocs détruisent, brûlent, violentent toujours en toute impunité», affirme-t-elle avec une photo d'une manifestation du 1er mai dernier! Preuve que le décalage n'est pas propre à Emmanuel Macron et à son équipage, du moins en ce qui concerne les dires et les actions. «Fin du monde, fin de mois, même combat». L'adéquation des manifestations des Gilets jaunes et des militants de la «Marche du siècle» en dit long sur l'état d'esprit qui prévaut dans l'Hexagone où la situation tend à se compliquer de plus en plus, faute d'une réponse urgente et appropriée du gouvernement et de la prise en considération des attentes et des revendications de plusieurs franges de la société.

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