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LES SIGNES D'UN RETRAIT NORD-CORÉEN SE MULTIPLIENT

Pyongyang se retire du bureau de liaison intercoréen

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L'incapacité, le mois dernier, de MM. Trump et Kim à se mettre d'accord sur une solution à l'épineux dossier du nucléaire nord-coréen et sur l'allègement des sanctions semble avoir remis en question la détente.

La Corée du Nord a retiré son personnel du bureau de liaison intercoréen, a annoncé hier la Corée du Sud, quelques semaines après l'échec du deuxième sommet entre le leader nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump. Ce bureau situé dans la ville nord-coréenne de Kaesong avait ouvert en septembre dans le cadre d'un spectaculaire rapprochement sur la péninsule. Le vice-ministre sud-coréen de l'Unification Chun Hae-sung a déclaré aux journalistes que la Corée du Nord avait «notifié le Sud qu'elle se retirait du bureau de liaison». La décision a été prise «en accord avec un ordre venu de la hiérarchie», a-t-il dit. «Ils ont dit qu'il leur était égal que nous restions ou pas dans le bureau de liaison.» Après des années de montée des tensions sur la péninsule divisée, 2018 a été marquée par un remarquable rapprochement entre le Nord et le Sud, qui s'est concrétisé par plusieurs sommets entre M. Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in.
Ce dernier avait été élu en 2017 en promettant de reprendre le dialogue avec le Nord et il a milité pour que la détente se traduise par de nombreuses initiatives bilatérales, parmi lesquels ce bureau de liaison. Mais l'incapacité, le mois dernier, de MM. Trump et Kim à se mettre d'accord sur une solution à l'épineux dossier du nucléaire nord-coréen et sur l'allègement des sanctions semble avoir remis en question la détente, bien que les deux camps fassent part de leur intention de poursuivre les discussions.»Nous regrettons la décision du Nord», a déclaré M. Chun. «Bien que la Corée du Nord se soit retirée, nous continuerons de travailler comme avant au bureau de liaison.»
Le bureau de liaison se trouve dans une ville qui faisait partie jadis de la Corée du Sud, quand Moscou et Washington avaient divisé la péninsule dans les derniers jours de la Seconde guerre mondiale. Mais après la guerre de Corée (1950-53), qui s'est achevée sur un armistice et non un traité de paix, Kaesong s'est retrouvée du côté nord-coréen de la zone démilitarisée (DMZ). Le bâtiment de quatre étages comprend des bureaux séparés pour le Nord et le Sud ainsi qu'une salle de conférences commune. Séoul avait indiqué à son ouverture que ce «canal de consultation et de communications» serait ouvert 24 heures sur 24, toute l'année. Il était destiné à faciliter les échanges transfrontaliers, améliorer les relations entre le Nord et les Etats-Unis, et apaiser les tensions militaires.
Si entre les deux Corée, le vent est plutôt à l'optimisme pour un approfondissement des relations dans plusieurs domaines, tel n'est pas le cas pour ce qui est des discussions entre Pyongyang et Washington. Kim Jong Un est rentré déçu dans son pays, au lendemain du sommet de Hanoï, après que le président américain lui a signifié une fin de non recevoir pour la levée des sanctions. La Maison-Blanche et le Département d'Etat ont beau déclaré vouloir poursuivre les négociations, plusieurs signes indiquent depuis que la Corée du nord ne se considère plus intéressée par les propos d'une administration américaine dont elle dénonce le «manque de sincérité».

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