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SAHARA OCCIDENTAL

La 2e table ronde prend fin sans avancées significatives

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Seul résultat, la promesse de la poursuite du dialogueSeul résultat, la promesse de la poursuite du dialogue

Reste à savoir comment le Conseil de sécurité de l'ONU va entendre ce résultat, fin avril, au moment où il devra à nouveau se prononcer sur la prorogation du mandat de la Minurso.

Comme la précédente, la deuxième table ronde sur le Sahara occidental occupé, organisée près de Genève, jeudi et vendredi derniers, s'est achevée sur un constat plutôt maussade quant au processus de règlement du conflit entre le Front Polisario et le Maroc. Dans un communiqué elliptique, l'Envoyé spécial du SG de l'Onu pour le Sahara occidental, Horst Kohler a bien évoqué un troisième round sans en indiquer la date éventuelle et il a surtout souligné combien la tâche exige «beaucoup de travail». Partant de là, il a également insisté sur le fait que «personne ne devrait s'attendre à un résultat rapide», arguant du constat selon lequel de «nombreuses positions divergent toujours fondamentalement». En clair, le Maroc cherche encore et toujours à maintenir son occupation illégale du Sahara occidental dont «l' autodétermination ne voudrait pas dire référendum ou indépendance», affirme le ministre marocain des AE, Nacer Bourita. Obstination face à laquelle l'Envoyé spécial de l'ONU a choisi de donner du temps au temps, prenant soin de mettre l'accent sur la volonté de poursuivre les concertations dans un avenir proche. Reste à savoir comment le Conseil de sécurité de l'ONU va entendre ce résultat, fin avril, au moment où il devra à nouveau se prononcer sur la prorogation du mandat de la Minurso, «six mois au maximum» pour les Etats-Unis, porte plume du Conseil de sécurité pour la question du Sahara occidental, «un an» pour la France en sa qualité de soutien inconditionnel du Maroc. Persévérant, l'ancien président allemand a explicité sa démarche fondée sur la recherche de compromis. Des efforts sont «nécessaires», a-t-il répété sans cesse, car il faut «créer la confiance afin de progresser». «J'ai donc encouragé les délégations à explorer les gestes de bonne foi et les actions concrètes allant au-delà de la table-ronde», a expliqué Horst Kohler, tout en soulignant que le peuple du Sahara occidental «a besoin et mérite que ce conflit prenne fin».
Les observateurs relèvent que le communiqué final évoque bien des travaux qui se sont déroulés avec «courtoisie» et «ouverture» et dans un climat de «respect mutuel», mais ils soulignent par ailleurs le fait que l'Envoyé spécial entend poursuivre les discussions afin de «parvenir à une solution politique, mutuellement acceptable sur la question du Sahara occidental, et qui soit réaliste, fondée sur un compromis juste, durable et assurant l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément à la résolution 2440 (2018) du Conseil de sécurité».
A cet égard, le Front Polisario n'a pas manqué de rappeler qu'il ne peut y avoir de solution durable «sans l'accord du peuple sahraoui» qui doit pouvoir s'exprimer à travers un référendum d'autodétermination. «La seule solution pratique, réaliste et durable est celle qui assure au peuple sahraoui son droit à l'autodétermination en toute liberté et sans conditions préalables», a ainsi déclaré le chef de la délégation sahraouie, Khatri Eddouh, avertissant qu'»il ne peut y avoir d'autre solution pour le peuple du Sahara occidental désireux de «vivre en paix et libre». Une solution qui «contribuera à la paix, la sécurité et la stabilité de la région». Telle est l'exigence sur la base de laquelle devra reposer la prochaine table-ronde avec comme objectif clair le droit à l'autodétermination net à l'indépendance du Sahara occidental.
C'est ce qu'a également souhaité le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, qui conduisait la délégation algérienne à cette deuxième table ronde. Il a estimé que l'effort de l'Envoyé spécial du SG de l'Onu pour le Sahara occidental est «utile» et qu'il doit nécessairement déboucher sur des mesures «plus concrètes» et des avancées «plus significatives, dans le cadre de ce processus qui a le soutien de la communauté internationale, dans son ensemble, et, singulièrement, après que le Conseil de sécurité des Nations unies aura l'opportunité d'examiner un rapport du Secrétaire général, Antonio Guterres, en avril prochain, et après que le Conseil de sécurité aura donné de nouvelles orientations où sera mise en évidence la nécessité d'accélérer les efforts au titre de la résolution actuelle».

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