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LA CONFÉRENCE NATIONALE AURA LIEU DU 14 AU 16 AVRIL À GHADAMÈS

Salamé enchaîne les feuilles de route

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Le rendez-vous de Ghadamès sera-t-il le bon moment?Le rendez-vous de Ghadamès sera-t-il le bon moment?

«80% des Libyens insistent sur la tenue des élections, fatigués qu'ils sont de l'aventurisme et des petites manoeuvres politiques» a déclaré, lors de la présentation de son rapport annuel au Conseil de sécurité de l'ONU, l'envoyé spécial Ghassan Salamé.

Préalable incontournable à la convocation des élections législatives et présidentielle prévues par la feuille de route de Ghassan Salamé, en sa qualité de représentant du SG de l'ONU en Libye, la tenue de la conférence nationale est désormais acquise et sa date fixée du 14 au 16 avril prochain, à Ghadamès, ville historique du centre du pays. Le processus de règlement de la crise aura sans doute, connu maints soubresauts et des retards innombrables mais la nouvelle est par trop importante pour être banalisée. La Mission des Nations unies en Libye (Manul) a indiqué que cette conférence doit permettre de dresser «une feuille de route» de nature à réunir les conditions de la sortie de crise tant attendue par les Libyens et qu'elle aura également pour tâche de proposer la date des élections générales à même de consacrer le retour plein et effectif de l'Etat libyen dans ses diverses missions. «Nous allons inviter toutes les catégories politiques libyennes sans exception», a affirmé, lors d'une conférence de presse, le chef de la Manul, Ghassan Salamé, avant de préciser que 120 à 150 personnalités sont attendues après de longues et larges concertations et autres réunions préparatoires organisées dans une soixantaine de villes libyennes. Cette formule aurait été envisagée et adoptée à la faveur de la rencontre de Palerme (Italie) qui a permis d'encourager vivement les parties au conflit à travailler de concert pour une solution consensuelle. C'est ce qui a présidé, selon certaines sources, à la multiplication des contacts entre les deux principales autorités, celle de l'Est, établie à Tobrouk, et celle de l'Ouest, basée à Tripoli et reconnue par la communauté internationale. De la rencontre inattendue entre Fayez al Serraj et le maréchal Khalifa Haftar à Abou Dhabi, début mars, est né un accord sur l'unification de l'institution militaire dans l'attente d'une redistribution des cartes politiques, surtout que l'Armée nationale libyenne a enregistré une avancée appréciable, dans le sud du pays, face aux groupes terroristes. De plus, il fallait tenir compte du fait que «80% des Libyens insistent sur la tenue des élections, fatigués qu'ils sont de l'aventurisme et des petites manoeuvres politiques», comme l'a déclaré, lors de la présentation de son rapport annuel au Conseil de sécurité de l'ONU, l'envoyé spécial Ghassan Salamé. L'offensive lancée en 2018 a, en effet, permis au maréchal Khalifa Haftar de prendre le contrôle de vastes pans du territoire, dans le sud et le sud-ouest libyen, chassant du même coup les milices tchadiennes de leurs bases arrières à partir desquelles elles menacent le régime du président Idriss Déby et contribuent à l'insécurité qui mine la Libye profonde.
Fort du soutien d'une grande partie des tribus du pays ainsi que du Parlement basé à Tobrouk et dirgé par Salah Aguila, le maréchal Haftar est devenu l'homme sans lequel aucune solution politique n'est possible dans la crise libyenne, même si les milices de Misrata et de Zintan continuent de refuser farouchement toute idée de son intronisation à la tête d'un ministère de la Défense et qu'elles le soupçonnent ouvertement de caresser le projet d'un coup de force programmé. C'est dire si la conférence nationale de Ghadamès aura du pain sur la planche, tant les rivalités et les inimitiés restent pendantes tandis que la capacité de nuisance des groupes terroristes n'est pas vraiment anéanti, la relative accalmie observée ces derniers temps laissant présager d'un regain de tensions au cours des prochaines semaines, sinon des prochains mois. «Mais mieux vaut tard que jamais» dit l'adage, et dans le contexte actuel qui préoccupe aussi bien la communauté internationale que le groupe des pays voisins de la Libye, il faut souhaiter que toutes les parties prenantes de la crise contribuent de bonne foi et sans pré-conditions à la solution effective dont le peuple libyen a grand besoin.

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