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LE 30ÈME SOMMET DE LA LIGUE ARABE SE TIENT AUJOURD'HUI ET DEMAIN À TUNIS

A la recherche d'un nouveau souffle

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Un sommet en quête d'un nouveau souffleUn sommet en quête d'un nouveau souffle

D'autres sujets seront sans doute abordés mais il convient de préciser que la situation en Algérie ne fera l'objet d'aucune discussion. C'est ce qu'a tenu à confirmer le porte-parole du sommet sur la radio Mosaïque FM.

C'est à Tunis que se tient, aujourd'hui et demain, le 30ème sommet de la Ligue des Etats arabes alors que plusieurs pays connaissent des crises sociales et politiques endémiques et que les dossiers de la Syrie et de la Palestine n'ont pas fini de creuser les divisions apparues en 2011. Sont attendus pour cette rencontre le roi Salmane d'Arabie saoudite, le président égyptien Abdel Fattah al Sissi, l'émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani ou encore le libyen Fayez al Serraj. Le président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup de mandats d'arrêts internationaux, était annoncé mais ne fait finalement pas le déplacement. C'est sur fond de mobilisation des organisations de la société civile tunisienne qui entendent revendiquer la liberté d'expression, les droits des femmes ainsi que les droits d'ordre économique et social que le sommet est ouvert. A noter que sur les 21 délégations présentes, plusieurs n'ont pas à leur tête le chef de l'Etat concerné, signe éloquent quant à la situation de crise que traversent bon nombre de pays membres. La capitale du pays hôte s'est parée de ses plus beaux atours pour l'événement, fière d'être également désignée comme capitale de la culture islamique pour 2019. Une fierté qui transparaît dans le propos enthousiaste du ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaïes Jhinaoui quand il affirme à Jeune Afrique que la Tunisie «est le seul pays arabe capable d'accueillir tous les pays arabes». Raison pour laquelle le gouvernement a consenti d'intenses efforts afin d'accueillir les 12 000 participants que comptent les 21 délégations débarquées à Tunis hier.
Les grands sujets dont il sera question concernent la Syrie, absente du conclave depuis 2011 mais dont le retour en force fera l'objet d'intenses débats, ainsi que la Libye dont le maréchal Khalifa Haftar, reçu mercredi dernier à Riyadh, sera le grand absent puisque c'est le président du conseil présidentiel et chef du gouvernement d'Union nationale reconnu par l'ONU Fayez al Serraj qui aura la tâche de représenter son pays. Venue en force avec pas moins de 11 ministres et de 8 émirs autour du roi Salman, l'Arabie saoudite voudra montrer une fois de plus qu'elle se veut la locomotive de l'organisation panarabe dont elle assure la présidence depuis une année, à charge pour elle de transmettre le témoin à la Tunisie.
D'autres sujets seront sans doute abordés mais il convient de préciser que la situation en Algérie ne fera l'objet d'aucune discussion. C'est ce qu'a tenu à confirmer le porte-parole du sommet sur la radio Mosaïque FM. C'est le moins que puisse attendre l'Algérie qui a réclamé auprès des grandes capitales dans le monde la non-ingérence dans ses affaires intérieures et qui n'aurait en aucun cas accepté une telle dérive de la part d'une organisation qui a suffisamment de pain sur la planche pour ne pas en rajouter. La question de la réintégration de la Syrie, pourtant un souci devenu impératif, sera évacuée et, pour faire illusion, le sommet va «se consacrer» à la «cause palestinienne» pour laquelle des résolutions seront prises aussi bien en ce qui concerne El Qods et Ghaza que le Golan syrien occupé, à la lumière des décisions iniques du président américain Donald Trump.
S'agissant de la Libye, et prenant acte des constats présentés par le groupe des pays voisins, le sommet ne manquera pas d'apporter son soutien total aux efforts et à la feuille de route du Représentant spécial du secrétaire général de l'ONU, Ghassan Salamé. Quant aux conflits du Yémen et du Sahara occidental, d'une part, et la brouille entre le Qatar et la coalition emmenée par l'Arabie saoudite (Emirats arabes unis, Egypte, Bahreïn), rien n'indique que le débat sera effectivement ouvert. Par contre, il est question que le sommet s'attarde sur des enjeux cruciaux comme les problèmes de sécurité et le terrorisme ainsi que la délicate mission de la réforme préconisée pour une Ligue arabe en quête d'une efficience plus grandes face aux nouveaux défis régionaux et internationaux. Mission d'autant plus délicate que les pays membres n'ont jamais été autant divisés que depuis l'avènement du Printemps arabe!

Bensalah représentera le Président Bouteflika
Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a désigné le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, pour le représenter au 30ème Sommet de la Ligue des Etats arabes, qui se tiendra demain à Tunis, indique un communiqué de la présidence de la République. «En réponse à l'invitation qu'il a reçue de S.E.M. Béji Caïd Essebsi, président de la République tunisienne, S.E.M. Abdelaziz Bouteflika, président de la République, a désigné Monsieur Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation, pour le représenter au 30ème Sommet de la Ligue des Etats arabes, qui se tiendra le 31 mars 2019 à Tunis», précise le communiqué. Le président du Conseil de la nation sera accompagné de M. Ramtane Lamamra, vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, ajoute la même source.

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