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LES PALESTINIENS, VICTIMES DIRECTES DES LÉGISLATIVES ISRAÉLIENNES

A l'est, rien de nouveau

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«Par expérience, les victimes des élections israéliennes, c'est toujours nous et je ne crois pas que ça va changer.» Comme Tayssir Barakat, beaucoup de Palestiniens n'attendent pas grand-chose de bon des législatives en Israël. En tout cas rien de bon. Les élections du 9 avril peuvent avoir des conséquences directes sur la vie des Palestiniens de Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par Israël, mais peu d'entre eux s'y intéressent. Pour eux, quel que soit le vainqueur, il n'est pas près de mettre fin à l'occupation. Pour ceux qui suivent la campagne, l'une des principales préoccupations est la crainte de voir s'amplifier le discours de haine contre les Palestiniens, alors que les négociations de paix israélo-palestiniennes sont enlisées depuis 2014. A la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l'histoire d'Israël, Benjamin Netanyahu a pris ses distances avec la solution dite à deux Etats -la création d'un Etat palestinien au côté d'Israël- telle qu'envisagée par la communauté internationale. Certains membres de sa coalition la rejettent carrément, cherchent à étendre les colonies et plaident pour l'annexion de larges pans de Cisjordanie. Le parti Likoud de
M. Netanyahu était donné vainqueur en début de campagne, malgré la menace d'inculpation pour corruption pesant sur le Premier ministre. Mais il fait face à présent à une sérieuse concurrence avec la liste centriste de l'ex-chef d'état-major Benny Gantz. M. Gantz s'est dit ouvert au retrait de colons de certaines parties de Cisjordanie mais il n'a jamais mentionné la solution à deux Etats. «Pour l'instant, nous ne voyons pas de différence fondamentale» entre les deux listes, dit Saleh Rafat, membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine. «Ils sont pour El Qods unifiée, la poursuite de la colonisation et le contrôle de la vallée du Jourdain». Israël proclame tout El Qods sa capitale «unifiée», y compris la partie orientale conquise en 1967 puis annexée. Les Palestiniens veulent faire de El Qods-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent. En 1967, une grande partie du Jourdain a été occupée.
Plus de 600 000 Israéliens vivent aujourd'hui dans des colonies de
El Qods-Est et Cisjordanie. La colonisation est illégale au regard du droit international et une grande partie de la communauté internationale voit en elle un obstacle majeur à la paix. Les principaux candidats restent très discrets sur l'initiative du président américain Donald Trump sur le Golan syrien que Netanyahu est censé présenter après les élections. Dans un climat de vives tensions à la frontière entre Israël et Ghaza depuis un an, un nouvel accès de fièvre a accaparé la semaine dernière les discours des candidats aux élections, sans qu'apparaisse un véritable plan pour traiter sur le fond la question. Les Palestiniens craignent que la campagne israélienne ne favorise les sorties haineuses contre eux et les Arabes en général. Le Palestine Institute for Public Diplomacy (PIPD) a récemment publié une campagne mettant en lumière selon lui les discours de haine contre les Palestiniens sur les réseaux sociaux en Israël. Aux élections de 2015, M.Netanyahu avait joué sur les peurs à droite en brandissant le spectre d'électeurs arabes israéliens se rendant aux urnes «en masse». Il avait ensuite présenté ses excuses. Il a poussé cette année deux partis nationalistes religieux à un accord avec une formation largement considérée comme raciste.

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