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DES CRIS ET DES LARMES

Peines confirmées pour les 42 militants du Hirak marocain

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Les 42 meneurs du mouvement de protestation du Hirak ayant agité en 2016-2017 la région marocaine du Rif (nord) ont vu leurs peines confirmées en appel vendredi par la Cour d'appel de Casablanca. Le jugement qui confirme des peines allant jusqu'à 20 ans de prison a été accueilli par des cris de colère et des larmes par les familles des militants, réunies dans la salle d'audience après cinq heures de délibéré et quatre mois de procès. «Vive le peuple», «Etat corrompu», «vive le Rif», a crié la foule à la sortie de la salle, tandis que des proches des prévenus s'effondraient en pleurs. Jugé pour «complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'Etat», Nasser Zefzafi, le leader du Hirak (mouvance, nom donné localement au mouvement) devra donc purger une peine de 20 ans de prison ferme, comme trois autres militants du noyau dur de la protestation. Les autres peines confirmées en appel vont de 1 à 15 ans de réclusion. Nasser Zefzafi, 39 ans s'était imposé comme le visage de la protestation avec ses discours virulents contre l'Etat «corrompu» ou «l'arbitraire» du pouvoir. Il a boycotté son procès en appel, comme 37 autres prévenus en détention, en dénonçant un procès «politique». Le substitut du procureur avait requis d'alourdir en appel toutes les peines qui ne correspondaient pas au maximum prévu par le Code pénal. Comme en première instance, les avocats de la défense ont refusé de plaider en demandant un procès «équitable».
Pendant les délibérations, plusieurs dizaines de personnes - des familles, des militants du Hirak ou des droits humains - avaient manifesté devant le tribunal sous une fine pluie pour demander la libération des «détenus politiques» et dénoncer un «Etat oppresseur». Les 42 militants du Hirak, un mouvement aux revendications sociales et économiques accusé de visées séparatistes par le pouvoir, étaient jugés en appel depuis novembre après avoir été condamnés en juin dernier. Les peines prononcées avaient suscité à l'époque des réactions d'incompréhension et d'indignation dans le royaume, ainsi que des manifestations appelant à leur amnistie ou à leur libération. En réponse aux critiques, les autorités ont assuré que le processus judiciaire était en tout point conforme aux normes internationales, en soulignant que la justice était indépendante.

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