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DEUX MOIS APRÈS L'INCURSION REBELLE AU TCHAD

Idriss Déby veut sécuriser le nord

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Deby n'aurait qu'une peur: que les rebelles s'unissent, et qu'une partie de l'armée, extrêmement divisée, les rejoigne pour le renverser. D'où son ralliement récent au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Deux mois après l'entrée au Tchad d'une colonne rebelle, le président Idriss Déby Itno continue à afficher sa volonté de reprendre la main sur le Tibesti, province du nord du pays frontalière avec la Libye, où opèrent trafiquants, orpailleurs mais surtout rebelles. L'obsession du président Déby, arrivé au pouvoir par les armes en 1990 avec l'aide de Paris, s'est encore accentuée avec l'entrée début février d'une colonne de rebelles tchadiens, venue de Libye, par le nord-est du Tchad. Une irruption jugée suffisamment inquiétante par le président pour qu'il appelle à l'aide son allié français, qui a procédé à des frappes aériennes pour stopper cette avancée.»Après l'incursion, et avec la présence de certains éléments rebelles dans le sud libyen, le chef de l'Etat prend des mesures pour parer à toute éventualité», confie une source proche de la présidence. Depuis février, le régime multiplie les annonces sécuritaires en direction du Tibesti. Début mars, le ministre de la Sécurité, Mahamat Ali Salah, y part en mission plusieurs jours. Accompagné de la télévision tchadienne, il y annonce la fermeture de la frontière avec la Libye.»Cette zone est devenue un carrefour de tous les malfrats, des terroristes et des rebelles», déclare-t-il face caméra, entouré de militaires. Il proclame également «le désarmement de toute la population» et «l'interdiction formelle d'orpaillage». Chaque soir devant leur télévision, les Tchadiens suivent l'avancée du ministre et des troupes déterminés à reprendre les sites aurifères aux orpailleurs. «Il s'agit surtout d'une grande campagne de communication, plutôt qu'une vraie reprise en main du territoire», tempère Alladoum Nadingar, chercheur au centre d'analyse International Crisis Group (ICG). «La frontière fait plus de 1.400 km, et l'armée n'a pas les ressources nécessaires, notamment en eau, pour s'installer de façon permanente sur ce territoire», ajoute-t-il. Cette «campagne» destinée à montrer que l'armée tient le territoire veut également dissuader les jeunes Tchadiens de se lancer dans l'orpaillage illégal. Au Tibesti, des sites d'orpaillage parsèment les reliefs désertiques. Chaque jour, de jeunes gens, contraints de quitter leur village pour des raisons économiques, viennent s'y installer. Ils «partent chercher de l'or, mais une fois sur place, nombre d'entre eux ne trouvent rien. Leur proximité avec les groupes rebelles, qui ont élu domicile de l'autre côté de la frontière dans le sud libyen, inquiète N'Djamena. D'autant plus que les rebelles, autrefois statiques, sont déstabilisés depuis plusieurs mois par l'avancée des troupes libyennes du maréchal Khalifa Haftar, qui a lancé une vaste offensive vers le sud début 2019.

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