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35 MORTS DEPUIS LE DÉBUT DE L'OFFENSIVE DE L'ANL, SELON TRIPOLI

Pour Haftar, ni trêve ni solution politique

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L'ANL ne parvient pas à gagner TripoliL'ANL ne parvient pas à gagner Tripoli

L' Algérie qui conduit une politique de dialogue inclusif entre toutes les parties libyennes, depuis 2011, a multiplié les initiatives en vue de préserver l'intégrité et la souveraineté de la Libye et elle a aussitôt exprimé sa vive préoccupation et son inquiétude.

Cinq jours après le déclenchement de l'offensive brutale du maréchal Haftar sur Tripoli, la capitale libyenne, 35 personnes ont été tuées d'après un bilan émanant du gouvernement d'union nationale que conduit Fayez al Serraj. Le ministre de la Santé Hamid Omar a également mentionné plus d'une quarantaine de blessés, 14 morts étant comptabilisés pour la seule journée de dimanche mais il n'a pas précisé le nombre de civils parmi les victimes. Quant à l'Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée du maréchal Khalifa Haftar, elle a reconnu la perte de 14 combattants. Les affrontements étaient violents hier encore dans les environs de Tripoli, en dépit des nombreux appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu immédiat, sinon au moins à une trêve. Khalifa Haftar joue contre la montre et compte fermement s'emparer de Tripoli au bout de quelques jours et si la farouche opposition des milices de Misrata, zawiya et Zintan a quelque peu freiné son élan, il n'en espère pas moins parvenir à son objectif.
L' Algérie qui conduit une politique de dialogue inclusif entre toutes les parties libyennes depuis 2011 et qui, aussi bien dans le cadre de la mission de l'ONU que ceux de l'Union africaine, de la Ligue arabe et du Groupe des pays voisins, a multiplié les initiatives en vue de concilier les unes et les autres autour de la nécessité de préserver l'intégrité et la souveraineté de la Libye a aussitôt exprimé sa vive préoccupation et son inquiétude sur les conséquences de cette dramatique incursion. Or, c'est en tirant profit de la situation en Algérie depuis plus d'un mois, que le maréchal Haftar entend redessiner la carte en mettant tout le monde devant le fait accompli et s'imposer, bon gré mal gré, comme le seul et unique véritable maître de la Libye. Il a, évidemment, de bonnes raisons pour afficher ses ambitions à peine voilées car il dispose du soutien avéré des Emirats arabes unis et de celui, plus discret, de certaines capitales européennes et occidentales. «Profondément préoccupés» par la violence et l'irrationalité des combats autour de Tripoli, les Etats-Unis ont beau appelé à «l'arrêt immédiat» de l'offensive menée par Haftar. Ni Mike Pompéo ni Sergueï Lavrov ne sont parvenus à convaincre le maréchal libyen de se prêter à «un règlement pacifique» de la crise politico-militaire qu'il entendait déclencher depuis belle lurette, rongeant son frein au gré des réunions organisées par le représentant spécial de l'ONU, Ghassan Salamé, d'une part, et jouant le jeu de la conciliation pour satisfaire ses parrains émiratis, de l'autre.
Si les superpuissances n'ont aucune influence sur la détermination du maréchal présenté comme «l'homme fort de l'Est», que dire alors de la tentative introduite par Ahmed Abou Gheit, secrétaire général de la Ligue arabe, qui invite «à la retenue» en soulignant qu'il n'existe pas d'autre solution que le dialogue politique pour résoudre la crise libyenne. Avant la Russie et les Etats-Unis, Paris, Londres, Rome et Abou Dhabi avaient également exhorté les protagonistes libyens à «faire baisser les tensions» et à rechercher une solution politique. Répondant à un raid aérien mené depuis la ville de Misrata par les milices pro-GNA, les troupes de Haftar ont également recouru aux bombardements aériens de la capitale ainsi que de l'aéroport de Mitiga, le seul plus ou moins fonctionnel dans la capitale libyenne, situé dans la banlieue. Ce raid qui a visé une des pistes d'atterrissage, sans faire de victimes, n'a pas été clairement revendiqué, mais une source de sécurité sur place a évoqué la responsabilité de l'ANL, force paramilitaire dirigée par le maréchal Haftar.
C'est dire si l'«appel urgent» de la mission de l'ONU en Libye (Manul) à une trêve de deux heures, dimanche dernier, dans la banlieue sud de Tripoli pour permettre l'évacuation des blessés et des civils face à l'escalade militaire avait peu de chance d'être entendu, les services de secours ne pouvant se hasarder dans les zones d'affrontements où les combats continuent de faire rage au sud de Tripoli, notamment à Wadi Rabi et dans le périmètre de l'aéroport international. Des combats intenses qui se sont poursuivis hier et qui illus-trent bien la volonté du maréchal Khalifa Haftar de parvenir à son objectif, quitte à plonger la Libye dans le chaos.

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