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LES COMBATS À TRIPOLI IMPACTENT LA SÉCURITÉ DE LA RÉGION

Qui arme les troupes de Khalifa Haftar?

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Une ambition et des moyens occultesUne ambition et des moyens occultes

Haftar caressait depuis longtemps le projet d'attaquer Tripoli. Ghassan Salamé l'a confirmé hier, estimant le moment choisi «étonnant», après l'accord d'Abou Dhabi. D'autant plus que son armée a parcouru, vers la capitale, 1500 km dans le désert sans que personne ne s'en alarme?...

Cela fera bientôt deux semaines que le maréchal Khalifa Haftar a lancé son Armée nationale libyenne autoproclamée à l'assaut de la capitale Tripoli, sans parvenir à accéder à la ville. Les combats souvent violents se déroulent en effet à une trentaine de km de là, du côté de l'aéroport international de Mitiga et quelques autres localités dans la région. Enhardi par le soutien affiché ou latent dont il dispose de la part de l'Egypte, des Emirats arabes unis, de l'Arabie saoudite, de la France et de la Russie, Haftar a cru le moment venu d'entreprendre l'offensive tant convoitée au moment où l'Algérie était empêtrée dans une crise inédite. Ce «coup d'éclat» d'un homme qui n'a jamais caché son dédain et sa fin de non-recevoir à l'égard de la médiation algérienne qui, sous couvert de la diplomatie, tentait de conforter le travail du Représentant spécial du secrétaire général de l'ONU un dialogue inclusif et une solution consensuelle de la crise prend tout son sens aujourd'hui qu'il se découvre enlisé dans les sables de la Tripolitaine où les milices de Misrata, Zintan et Zawiya, épaulées par la Brigade de défense de Tripoli s'opposent avec force à son agression caractérisée.
Dans un tel contexte, les exercices auxquels procède l'armée algérienne dans la région de Ouargla, c'est-à-dire à quelques encablures de la frontière libyenne, sont vite perçus comme un avertissement sans frais à l'adresse du maréchal Haftar dont on ne peut pas dire qu'il est prompt à tirer les leçons de ses multiples échecs, comme au Ténéré où il fut capturé et détenu pendant des années par les forces tchadiennes, après une cinglante défaite des troupes qu'il commandait sur instruction de Maammar el Gueddafi.
Rappelons juste qu'il s'agit d'exercices entrant dans le cadre traditionnel de la préparation des forces spéciales terrestres et aériennes du pays, sous le haut commandement du chef d'état-major de l'ANP, Ahmed Gaïd Salah et que si message il y a à l'adresse des forces hostiles à l'Algérie, il ne s'agirait alors que d'un message subliminal. Ce n'est en effet un secret pour personne que l'armée algérienne agit dans le cadre de ses missions constitutionnelles qui lui confèrent la mission de défendre le territoire national contre toute agression d'où qu'elle vienne, à l'exclusion de toute intervention extérieure. Fidèle en cela au dogme qui a constamment dicté la démarche de la politique étrangère de l' Algérie, à savoir l'amitié et la coopération mutuellement bénéfique avec tous les partenaires ainsi que la voie du dialogue politique et de la solution consensuelle pour résoudre les conflits, l'Armée nationale populaire n'a que faire des rodomontades d'un maréchal dont les seules prouesses se limitent à quelques affrontements poussifs du côté de Derna et de quelques autres localités du sud de la Libye. Cela étant, l'offensive déclenchée contre Tripoli a pour conséquence d'accroître l'insécurité qui prévaut dans la région frontalière où les multiples groupes terroristes ne peuvent que s'enhardir à tenter de profiter de la situation. Et ils ont déjà, prévient Fayez al Serraj, repris du poil de la bête. Si l'on ajoute à ce fait les multiples arrestations de centaines d'éléments venus de Syrie qui ont tenté de s'infiltrer, ces derniers mois, depuis le Niger et d'autres pays voisins, après avoir transité par le Soudan où ils ont été entraîné puis munis de faux passeports et d'importantes quantités d'argent pour une mission de déstabilisation en Algérie, on comprend aisément combien le pays doit désormais être en état d'alerte maximum. L'attaque contre Tripoli aura qui plus est d'autres conséquences sur l'équilibre de la région méditerranéenne puisque la guerre en Libye va pousser vers les côtes européennes près d'un million de migrants. Fayez Serraj en a averti l'Union européenne, et les pays qui jouent aux apprentis-sorciers, sans avoir tiré les leçons d'une expérience analogue en 2011, risquent fort de s'en mordre les doigts. Sans doute, pensent-ils charger encore et toujours l'Italie ou la Grèce de ce fardeau mais, à trop miser sur le malheur des autres, on finit par recevoir, tôt ou tard, le boomerang en pleine figure.

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