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RÉUNION DES CHEFS DE LA DÉFENSE AMÉRICAIN ET TURC SUR FOND DE TENSIONS

Ankara persiste et signe

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Les Etats-Unis ont reproché notamment à la Turquie de vouloir acquérir le système russe de défense aérienne S-400, au détriment des batteries américaines Patriot. Le 3 avril dernier, le vice-président américain, Mike Pence, a mis en garde Ankara contre ce projet.

Le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, a discuté mardi avec son homologue turc Hulusi Akar, à Washington, de questions de sécurité et de la coopération bilatérale, au moment une vive tension surgit entre les deux pays sur le programme d'armements d'Ankara, ont rapporté hier des médias locaux. Les deux hommes ont évoqué, à l'occasion, «l'importance de la coopération bilatérale entre les Etats-Unis et la Turquie et, en tant qu'alliés de l'OTAN, des moyens de parvenir à une sécurité commune et à une prospérité économique dans les deux pays et dans la région», ont ajouté les mêmes sources.
Les deux chefs de la défense se sont rencontrés en tant que «partenaires stratégiques» et ont «concentré leurs discussions sur les intérêts plutôt que sur les positions», ont poursuivi les mêmes sources citant un communiqué du Pentagone, sans fournir plus de détails. Il y a lieu de souligner que la réunion entre les deux chefs de défense intervient dans le contexte de vive tension entre Washington et Ankara, notamment sur la question de l'acquisition par la défense turque d'armements de dernière génération chez le complexe militaro-industriel russe. Les Etats-Unis ont reproché notamment à la Turquie de vouloir acquérir le système russe de défense aérienne S-400, au détriment des batteries américaines Patriot.
Le 3 avril dernier, le vice-président américain, Mike Pence, a mis en garde Ankara contre ce projet, que la Turquie défend fermement.»L'affaire du S-400 a été conclue et nous ne reviendrons pas dessus», a assuré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu. La même position a été affichée également par le président Recep Tayyip Erdogan qui a affirmé lors d'une récente visite à Moscou que l'accord sur l'acquisition des systèmes de défense russe S-400 sera exécuté comme prévu. Réagissant à ces déclarations, les Etats Unis ont brandi la menace de suspendre la vente des avions de combats américains et autres équipements à la Turquie. Le chef du commandement des Etats-Unis en Europe (EUCOM), le général Curtis Scaparrotti, a proposé au Congrès en mars dernier, que Washington annule leur vente prévue d'avions de chasse F-35 à la Turquie si Ankara venait à acquérir des batteries de missiles S-400. Dans ce sillage, le Pentagone a annoncé au début du mois d'avril avoir interrompu les livraisons et les activités liées au contrat de vente de F-35 à la Turquie si ce pays persistait à vouloir acheter des S-400.»Si les Etats-Unis ne livre pas les avions F-35, il me faudra prendre des avions ailleurs», a averti, de son côté, M. Cavusoglu la semaine dernière, ajoutant que des chasseurs russes Su-34 et Su-57 pourraient constituer une «meilleure alternative». Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait salué dimanche dernier la «position ferme» de la Turquie concernant le respect de l'accord signé en 2016 avec Moscou pour l'acquisition de S-400 en dépit de l'opposition des Etats-Unis.

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