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RIYADH EXCLUT «TOUTE AUGMENTATION, DANS L'IMMÉDIAT, DE LA PRODUCTION»

Le prix du baril pourrait flamber

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Moins de quarante-huit heures après l'annonce par Washington de la décision de mettre fin aux dérogations accordées à huit pays (Chine, Inde, Turquie, Japon, Corée du Sud, Italie, grèce et Taïwan) importateurs de pétrole iranien, le ministre saoudien de l'énergie Khaled al Faleh a déclaré, hier, que son pays n'a aucune intention d'augmenter dans l'immédiat sa production pour compenser la baisse de l'offre iranienne. C'est pourtant un des arguments développés par l'administration Trump et par le président américain lui-même qui a clairement indiqué que Riyadh et d'autres pays membres de l'organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) viendront «compenser» le manque éventuel. Pour Khaled al Faleh, «les stocks (mondiaux) continuent d'augmenter, malgré ce qui se passe au Venezuela, et le durcissement des sanctions contre l'Iran», de sorte qu'il a souligné, dans sa conférence de presse financière, tenue hier à Riyadh, qu'il «ne voit pas la nécessité de faire quoi que ce soit dans l'immédiat», tout en ajoutant que l'Arabie saoudite «ne laissera pas ses clients dans la difficulté». faut-il le rappeler, le président Donald Trump avait, pour sa part, considéré que «l'Arabie saoudite et d'autres à l'Opep feront plus que compenser la différence dans la production de pétrole, dans le cadre de nos sanctions, maintenant complètes contre le pétrole iranien». Une façon de mettre en exergue la pleine et entière disponibilité de l'Arabie saoudite à répondre aux exigences américaines. Il est vrai que le ministre saoudien de l'Energie avait la veille rassuré les marchés en soulignant que son pays reste mobilisé pour «stabiliser» l'offre dans n'importe quelle circonstance. Une constante, a-t-il dit, de la politique menée par le royaume saoudien en la matière.
La situation est pourtant loin d'être sereine car si le Venezuela est toujours dans un tourbillon politico-économique peu propice à son retour sur le marché pétrolier, eu égard aux pressions de Washington qui tente par tous les moyens de saper le gouvernement bolivarien de Nicolas Maduro, l'Iran est quant à lui fortement déstabilisé par cette nouvelle décision de l'administration Trump, en quête d'une «pression maximale» pour faire également tomber le régime de Téhéran. Sans doute, la crise n'est pas encore à portée de main mais tout laisse présager une aggravation des tensions qui ne manquera pas de faire flamber les marchés pétroliers, auquel cas la réaction de l'Arabie saoudite pourrait ne pas suffire à contenir l'envolée des prix et leur retour à des niveaux proches des 100 dollars le baril d'ici à la fin de l'année en cours. Ce scénario prendrait encore plus de consistance si l'Iran met à exécution sa menace de bloquer le détroit d'Ormuz par lequel transite l'essentiel des exportations d'or noir des pays du Golfe. Et l'envol du prix du baril devient ainsi une hypothèse de plus en plus plausible, selon les capitales concernées par la décision américaine, de sorte que ni la Chine ni l'Inde ni encore plus la Turquie qui affronte une situation économique difficile ne comptent s'incliner devant le diktat américain promptement salué, et pour cause, par Israël.

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