L’IRAN ET LA SYRIE MIS À L’INDEX DANS LA CRISE LIBANAISE
Les deux pays menacés par le brasier
Lorsque les réactions se succèdent, le Hezbollah, l´Iran et la Syrie sont mis à l´index. Ces derniers sont accusés par certains pays arabes et d´autres comme Israël d´entretenir le bourbier au Liban.
L´Iran est spécialement accusé de vouloir instaurer son hégémonie via le Hezbollah à travers toute la région du Moyen-Orient. Ainsi, l´Arabie Saoudite et l´Egypte ont volé au secours du gouvernement du Liban et proposé une réunion ministérielle arabe d´urgence. Depuis mercredi, les dirigeants arabes n´ont cessé d´appeler au respect des institutions constitutionnelles libanaises, dont le gouvernement légitime de Fouad Siniora, et de résoudre les différends par le dialogue.
| «C´est une affaire interne» |
Le président syrien, Bachar al-Assad, a déclaré hier que la grave crise au Liban était «une affaire intérieure» et exprimé l´espoir que les Libanais parviennent à «une solution à travers le dialogue». |
Un diplomate égyptien qui a requis l´anonymat a affirmé, que Le Caire ne «peut pas permettre à une partie soutenue par l´Iran de prendre le contrôle du Liban», en allusion au mouvement chiite Hezbollah. «Une solution a été proposée ce week-end au Hezbollah qui l´a refusée, ce qui signifie qu´il a l´intention de (poursuivre) le sabotage», a-t-il dit, en allusion à l´initiative proposée par le chef de la majorité, Saâd Hariri, pour mettre fin à la crise. Alors que le ministre libanais des Télécommunications, Marwan Hamadé, a explicitement appelé le président français, Nicolas Sarkozy, à exercer «une pression réelle sur l´Iran et la Syrie» pour empêcher que le Liban ne bascule dans un nouveau régime intégriste.
Le président syrien Bachar al-Assad a, pour sa part, déclaré et au même tire que l´émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa al-Thani, que la grave crise au Liban était «une affaire intérieure». «C´est un nouveau chapitre de la bataille menée par l´Iran pour régner sur tout le Moyen-Orient», a déclaré, quant à lui, le chef de l´Etat israélien Shimon Peres.
L´Iran a, par contre, imputé la responsabilité de la crise du Liban à Israël et aux Etats-Unis. «Les interventions aventureuses des Etats-Unis et du régime sioniste sont la principale cause de la situation chaotique au Liban», a dit le porte-parole des Affaires étrangères. Tandis que le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Ghaza depuis juin 2007, a également appelé, par la voix de son porte-parole Sami Abou Zouhri, les protagonistes au Liban au dialogue, «pour couper court aux tentatives américaines de faire sombrer le Liban dans la zizanie».
Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé à «faire prévaloir le dialogue» pour résoudre leurs différends. Le chef de la diplomatie française, M.Bernard Kouchner, a indiqué que la France n´entendait pas rester inactive face à ce drame.
Le nouveau chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, a annoncé que l´Italie préparait un plan d´évacuation de ses citoyens désireux de quitter Beyrouth, la capitale libanaise touchée par des combats. Signalons que l´Arabie Saoudite et l´Egypte ont demandé la tenue d´une réunion extraordinaire de la Ligue arabe dans l´urgence, pour mettre un terme aux combats meurtriers à Beyrouth.
La demande a été adressée au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Rappelons que la majorité gouvernementale au Liban, soutenue par les pays occidentaux et l´Arabie Saoudite, accuse la Syrie, ex-puissance tutélaire au Liban, et l´Iran de bloquer une solution au Liban, tandis que l´opposition reproche à la coalition au pouvoir d´être inféodée à Washington. Cette dernière vient de menacer Damas de représailles.
Les Etats-Unis ont envisagé, dans ce sens, un embargo contre la Syrie.

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