BARACK OBAMA EN TURQUIE
Des liens à consolider avec un Etat musulman-clé
Le président américain a entamé son programme à Ankara par une visite au mausolée du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938).
Le président américain Barack Obama a rencontré hier à Ankara les dirigeants turcs pour raffermir les liens stratégiques entre les deux alliés, éprouvés par la guerre en Irak, et ancrer cet Etat musulman à l´Ouest. Avant de quitter Prague, dimanche, M.Obama a défendu l´adhésion de la Turquie à l´Union européenne, donnant le signal de sa visite: regagner la confiance de ce pays d´importance géostratégique, qui aspire à rejoindre le bloc européen. «Bravo Obama!» se félicitait ainsi le journal à grand tirage Sabah, saluant le geste d´Obama qui a déplu cependant au président français Nicolas Sarkozy. Ce dernier a réitéré haut et fort son opposition à une adhésion turque. Michelle Obama n´accompagne pas son époux à Ankara. Elle a regagné Washington après les déplacements de son mari en Europe. Le président américaéin a entamé son programme à Ankara par une visite au mausolée du fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), qui a donné naissance en 1923 à une République laïque sur les cendres de l´empire ottoman. Un empire accusé d´avoir perpétré à son déclin un «génocide» envers sa population arménienne, de 1915 à 1917. Ankara souhaite que M.Obama renonce à qualifier de génocide les massacres d´Arméniens, revenant sur ses déclarations pendant sa campagne électorale. Après avoir déposé une gerbe, M.Obama a signé le livre d´or du mausolée où il a souligné sa volonté de «consolider les relations entre les Etats-Unis et la Turquie et renforcer la vision et l´héritage d´Atatürk», allusion à une Turquie tournée vers l´Occident. «Paix dans la patrie, paix dans le monde», a aussi inscrit Obama, reprenant une expression d´Atatürk. Un entretien avec son homologue Abdullah Gül a suivi. Le tête-à-tête devait se terminer par une conférence de presse. Après un discours au Parlement, M.Obama est attendu à Istanbul, où il rencontrera aujourd´hui les chefs religieux, puis un groupe d´étudiants, et visitera deux mosquées.
«Le président va réaffirmer son sentiment que la Turquie est un allié déterminant et constitue une partie importante de l´Europe. Il a voulu se rendre en Turquie parce qu´il pense qu´il faut relancer les relations entre les deux pays, distendues ces dernières années», a déclaré dimanche à la presse un responsable américain faisant partie de la délégation d´Obama, qui effectue sa première visite dans un pays musulman. Les relations entre les deux alliés de l´Otan s´étaient tendues en 2003, après l´intervention militaire américaine en Irak, à laquelle les Turcs se sont opposés en refusant d´ouvrir leurs frontières aux troupes américaines pour une invasion par le nord.
Les choses se sont améliorées depuis, les Etats-Unis fournissant des renseignements à l´armée turque pour déloger les séparatistes kurdes repliés dans le nord de l´Irak. Selon le même responsable, M.Obama souhaite discuter des défis régionaux communs tels que «la menace terroriste, la guerre en Afghanistan, les relations avec l´Iran, et l´objectif partagé d´une paix durable entre Israël et ses voisins.» La Turquie est une alliée d´Israël, et partage des frontières avec l´Irak et l´Iran.
Lors de sa tournée, M.Obama a réclamé de ses alliés l´envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, où la Turquie a 900 hommes. Ankara ne souhaite pas pour l´instant aller au-delà.
Un impressionnant dispositif de sécurité a été mis en place à l´occasion de cette visite: 4000 policiers dans la capitale et près de 9000 autres à Istanbul.

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