CRISE ENTRE LE TOGO ET LA FRANCE
Lomé expulse un diplomate français, Paris prend une mesure de réciprocité
Le Togo a décidé d´expulser le premier secrétaire de l´ambassade de France à Lomé, chargé du suivi de la politique intérieure du pays, a annoncé hier le ministère français des Affaires étrangères, qui a demandé à son tour le départ d´un diplomate togolais. «Nous confirmons la décision du Togo de demander le départ du premier secrétaire de l´ambassade de France, Eric Bosc», a déclaré le porte-parole du Quai d´Orsay, Bernard Valero. «La France a pris une mesure réciproque et a demandé le départ d´un diplomate de l´ambassade du Togo», a-t-il ajouté. Le diplomate «n´a pas outrepassé sa mission» et a fait preuve d´un «grand professionnalisme dans ses contacts avec tous les partis légaux», a ajouté le porte-parole. Bernard Valero était interrogé sur des informations selon lesquelles les autorités togolaises reprocheraient au diplomate des contacts trop suivis avec l´un des candidats à la présidentielle togolaise, Kofi Yamgnane. Ce dernier dispose de la double-nationalité française et togolaise et, après une carrière politique en France, il a annoncé qu´il briguait la présidence de son pays d´origine contre le président sortant Faure Gnassingbé. M.Valero s´est refusé à confirmer que le Togo avait réagi à des contacts avec M.Yamgnane: «il faudrait demander aux autorités togolaises», a-t-il dit, saluant «l´excellent travail» que M.Bosc effectuait au Togo comme auparavant dans son précédent poste en Haïti. M.Bosc «fait ses valises. Le délai de son départ est dans les prochains jours», a-t-il dit, précisant que le diplomate effectuait sa quatrième année consécutive à Lomé. Une élection présidentielle est prévue le 28 février prochain au Togo. Elle doit avoir lieu au scrutin uninominal majoritaire à un tour. Les deux principaux partis d´opposition ont menacé de la boycotter si le scrutin ne s´effectuait pas à deux tours. Kofi Yamgnane, 64 ans, ingénieur des Mines de formation, secrétaire d´Etat à l´Intégration sous François Mitterrand, est connu pour ses critiques du régime politique togolais. «Après 43 ans de Rassemblement du peuple togolais», parti de l´ex-président Gnassingbé Eyadéma, mort en 2005 et auquel a succédé son fils Faure Gnassingbé, «pas une famille togolaise qui n´a été touchée par une violence quelconque», a accusé Kofi Yamgnane dans une récente interview à l´AFP. Il a été persona non grata durant près de 10 ans après avoir écrit un article au vitriol sur l´ancien président Eyadéma. Ancien maire socialiste de la municipalité bretonne de Saint-Coulitz, il avait exhorté Paris à ne «plus» soutenir le «dictateur» Faure Gnassingbé et à rompre les liens politiques et économiques de la «Francafrique» entre Paris et certains dirigeants des anciennes colonies. Kofi Yamgnane s´est installé à Lomé il y a un an. Il avait annoncé sa candidature début septembre.

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