POUR ÉVITER LA PRÉSENCE D’EL BECHIR
Le sommet Afrique-France déplacé en France
Le sommet Afrique-France, programmé en Egypte, se tiendra en France, a priori en mai, pour éviter une présence du président soudanais Omar El Bechir, visé par un mandat d´arrêt de la Cour pénale internationale, a déclaré hier le secrétaire d´Etat français à la Coopération, Alain Joyandet. «Pour l´instant, c´est le mois de mai qui est retenu, s´agissant du lieu, ce sera décidé ultérieurement», a déclaré le secrétaire d´Etat, interrogé par l´AFP sur des informations égyptiennes à ce sujet. «Il y avait quelques difficultés diplomatiques», a reconnu Alain Joyandet. «Mais au-delà de cela, c´est l´opportunité de l´année de l´Afrique en France», a-t-il souligné. Le changement de programme «se passe dans un total accord» avec les Egyptiens, a-t-il précisé. Pour le 50e anniversaire des indépendances, «2010 en France, ce sera l´année de l´Afrique, avec le défilé du 14 juillet pour lequel 14 présidents africains des anciennes colonies sont invités et auquel sont associés un certain nombre de régiments africains», a ajouté Alain Joyandet. «Ce sera une façon de regarder notre relation avec l´Afrique non pas au passé mais en envisageant l´avenir».
Lors du sommet Afrique-France, «il sera aussi question de redéfinir cette nouvelle relation que nous voulons avec l´Afrique», a-t-il souligné. Le déplacement en France du sommet, initialement prévu en février à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, avait été évoqué au préalable par le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheit. «L´idée est désormais de tenir ce sommet et la réunion ministérielle qui le précède en France», afin d´éviter d´avoir à inviter le président Omar el-Bechir, a-t-il dit au journal Asharq al-Awsat paru hier. Ce sujet avait été abordé lundi entre le président français Nicolas Sarkozy et son homologue égyptien Hosni Moubarak, lors d´une visite de ce dernier à Paris.
L´Elysée a confirmé hier sans autre précision que le sommet se tiendra en mai en France. La possible présence du président soudanais, poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et contre l´humanité au Darfour, avait tourné au casse-tête diplomatique entre Paris et le Caire au cours des derniers mois. L´Egypte avait fait savoir qu´elle ne pouvait pas ne pas inviter M.Bechir, l´un de ses alliés dans la région. Paris, l´un des plus fermes soutiens de la CPI sur la scène internationale, ne pouvait en revanche accepter sa présence à cette traditionnelle grand-messe des relations franco-africaines.
Ces derniers mois, Nicolas Sarkozy a exhorté à de nombreuses reprises le président soudanais à changer sa politique au Darfour, à coopérer au règlement du conflit et à se débarrasser de ses ministres accusés de génocide, en échange d´une suspension de la procédure le visant engagée par le CPI. Le dernier sommet Afrique-France avait eu lieu en 2007 à Cannes (sud-est de la France).

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