IL Y A UN AN, ISRAËL AGRESSAIT LA BANDE DE GHAZA
Calme trompeur entre les belligérants
De part et d’autre, toutefois, on se dit prêts à toute éventualité, et c’est la meilleure recette pour provoquer une nouvelle explosion.
Un an après la guerre à Ghaza, un calme précaire prévaut entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, une situation inédite qui dissimule mal les préparatifs menés des deux côtés en vue d´une éventuelle nouvelle confrontation. «Cet hiver, pas un seul soldat ou civil israélien n´a été tué par des activités terroristes, un phénomène sans précédent depuis des décennies», se félicite le chef des renseignements militaires israéliens, le général Amos Yadlin. Ce calme, Israël le doit à sa capacité de dissuasion, assure-t-il, mais aussi au fait que le Hamas, comme le mouvement chiite Hezbollah au Liban, sont occupés à reconstituer leur arsenal, avec le soutien de l´Iran.
De violentes confrontations ont opposé l´Etat hébreu à ces deux organisations: l´opération «Plomb durci» contre le Hamas il y a un an à Ghaza (1400 tués palestiniens, 13 Israéliens), et contre le Hezbollah, le conflit de l´été 2006 au Liban (1200 morts au Liban, 160 en Israël). De part et d´autre, on se dit prêt à toute éventualité, et c´est la meilleure recette pour provoquer un nouvelle explosion. «Parce que les deux côtés s´attendent à un conflit, il finira par arriver», souligne David Hartwell, expert à la revue de défense Jane´s. Selon lui, le calme actuel s´explique par le fait qu´«Israël veut une certaine stabilité politique, et le Hamas a besoin de reconstruire sa capacité militaire». Chef du département opérationnel de l´armée israélienne, le général Aviv Kochavi accuse le Hamas et le Hezbollah d´avoir, grâce à l´Iran, «considérablement amélioré leurs capacités de tirer avec précision et pendant une plus longue période» contre Israël. En dépit de l´«atmosphère de calme sur les frontières, de nombreux accrochages se produisent quotidiennement», souligne l´ancien responsable militaire du secteur sud, qui englobe Ghaza.
L´armée israélienne, qui a recensé 275 tirs d´obus et de roquettes depuis la fin de la guerre à Ghaza, réévalue constamment sa stratégie. Interrogés par l´AFP, les dirigeants de Hamas se refusent à tout commentaire. «La bataille sera encore longue», se contente de prédire le porte-parole des brigades, Ezzedine al-Qassam, (la branche armée du Hamas), Abou Obeida. Le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaâl, a toutefois reconnu en septembre qu´ «en dépit du blocus et de la fermeture des points de passage (...) nous achetons des armes, nous fabriquons des armes et nous arrivons à faire passer des armes». Selon le Jane´s, le mouvement islamiste, qui se flatte d´une victoire politique parce qu´il a survécu à l´offensive israélienne, a adopté de nouvelles techniques de combat après son revers militaire. Le Hamas «reconstitue ses forces, recrute davantage d´activistes, teste de nouveaux équipements pour être plus efficace lors de la prochaine escalade» explique un responsable des renseignements militaires israéliens.
Les armes transitent via les tunnels de contrebande sous la frontière avec l´Egypte, régulièrement bombardés par l´aviation israélienne, alors que la bande de Ghaza est sous blocus depuis l´été 2007. Preuve de l´amélioration de ses capacités offensives, le Hamas a été en mesure, assurent les Israéliens, de tester à l´automne, une roquette de fabrication iranienne d´une portée de 60 km, contre 40 km jusque-là, ce qui lui permettrait d´atteindre Tel-Aviv. Pour contrer la menace, l´Etat hébreu développe un système de défense, «Dôme d´acier», censé détruire en vol les roquettes tirées depuis Ghaza, mais aussi du Liban, où l´arsenal du Hezbollah est estimé à 40.000 roquettes (contre 14.000 en 2006). Ce dernier a été récemment qualifié de «véritable armée libanaise» pa le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. «L´évaluation des Israéliens est que le prochain conflit aura lieu avec le Hezbollah plutôt que le Hamas», affirme David Hartwell.

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