MALGRÉ L’OPPOSITION DES SUDISTES
Le Parlement soudanais adopte la loi sur le référendum
Les sudistes se sont retirés de la séance en signe de protestation et annoncé leur boycott du Parlement.
Le Parlement soudanais a adopté hier une loi cruciale fixant les modalités du référendum qui doit décider en 2011 d´une éventuelle sécession du Sud semi-autonome du pays, malgré l´opposition des ex-rebelles sudistes qui ont annoncé leur boycott de l´Assemblée.
Le Parlement a adopté cette législation aux termes de laquelle l´indépendance du Sud-Soudan sera reconnue si le «oui» atteint les 51%, à la condition que le taux de participation atteigne les 60%, a rapporté un journaliste de l´AFP sur place. Mais les députés du Mouvement de libération du peuple du Soudan (Splm, ex-rebelles) et des autres partis sudistes ont rejeté un article de la loi stipulant que les Sud-Soudanais se trouvant dans le nord du Soudan ou à l´étranger devaient voter sur leur lieu de résidence. Les Sudistes, qui réclamaient que tous les Sud-Soudanais s´enregistrent et votent dans le Sud, se sont retirés de la séance en signe de protestation et annoncé leur boycott du Parlement. «Ce qui s´est passé aujourd´hui (...) est la pire erreur commise à l´encontre du CPA», a déclaré Yasser Arman, le secrétaire général adjoint du Splm, lors d´une conférence de presse à l´issue du vote. «A partir d´aujourd´hui, nous ne participerons plus aux séances du Parlement, jusqu´à ce que la question soit réglée», a-t-il ajouté, précisant que son mouvement allait porter l´affaire à la présidence de la République.
Le président du Parlement, Ahmed Ibrahim al-Taher, du Congrès national, le parti au pouvoir, s´est, en revanche, félicité de l´adoption de la loi. «Nous avons enfin adopté la loi sur le référendum. Nous voulons aujourd´hui remercier ceux qui ont signé l´Accord de paix global», a-t-il déclaré.
Le nord du Soudan, majoritairement musulman, et le Sud, en grande partie chrétien et animiste, ont signé en 2005 l´Accord de paix global (CPA), qui a mis fin à une guerre civile de plus de 20 ans à l´origine de deux millions de morts et ouvert la voie à la formation d´un gouvernement dit d´union nationale. La loi sur le référendum a fait l´objet d´intenses tractations entre le gouvernement de Khartoum et le Splm, provoquant des tensions pendant des mois. La semaine dernière, les deux partenaires avaient annoncé être parvenus à un accord sur leurs différends. Le CPA prévoit d´organiser en 2011 deux référendums. L´un demandera à la population de la région disputée d´Abyei, à la lisière entre les deux territoires, si elle veut garder son statut spécial au sein du Nord ou si elle préfère être intégrée au Sud. Au même moment, le Sud organisera un référendum distinct sur son indépendance. Beaucoup au Sud-Soudan espèrent un «oui» au vote sur l´indépendance et souhaitent ramener dans le giron sudiste la plus grande surface possible des terres pétrolifères d´Abyei. Le Nord, lui, ne veut pas perdre le contrôle de ces précieuses ressources. En vertu du CPA, le Congrès national du président Omar el-Bechir détient 52% des sièges à l´Assemblée nationale, le Splm 28%, les autres partis nordistes 14% et les petits partis sudistes 6%.

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