POURPARLERS AVEC LES TALIBAN
Abdullah demande «un débat national»
La stratégie de sortie de crise préconisée par le président Kazaï était de discuter avec les taliban. L´ancien candidat afghan à la présidentielle, Abdullah Abdullah, a demandé hier à Davos un «débat national» dans son pays avant que soient engagés des pourparlers avec les taliban en vue de mettre fin à la guerre.
L´ex-ministre des Affaires étrangères et rival du président afghan Hamid Karzaï à l´élection présidentielle d´août, qui participe au Forum économique de Davos, s´est dit lui-même «pour la réconciliation». «Vous ne pouvez pas vous battre jusqu´au bout contre des gens qui se dénomment eux-mêmes taliban», a-t-il observé. Mais, a-t-il ajouté, «il doit y avoir un débat national, une politique nationale. La société n´est pas seulement le gouvernement, elle se doit d´être transparente».
Le peuple afghan, a affirmé M.Abdullah, veut savoir s´il doit en revenir à «l´islamisation» que le gouvernement des taliban avait menée à bien avant d´être renversé en 2001.
M.Abdullah qui ne sera pas présent à la conférence internationale sur l´Afghanistan, aujourd´hui à Londres, a souligné les liens des taliban avec le «terrorisme international» et considéré qu´il ne serait pas acceptable pour des personnalités comme le mollah Omar d´être impliquées dans la formation d´un futur nouveau gouvernement. «Vous ne devez pas laisser les gens se rapprocher des taliban», a ajouté M.Abdullah, estimant qu´il y a «un fossé croissant» entre le gouvernement afghan «corrompu» et «incompétent» et les citoyens afghans. «M.Karzaï, a-t-il critiqué, blâme la communauté internationale pour tous les problèmes que rencontre l´Afghanistan, mais il est le principal bénéficiaire de la présence internationale», a-t-il dit. M.Karzaï a intensifié récemment ses efforts pour tenter de persuader les insurgés islamistes de déposer les armes. Il devrait annoncer, aujourd´hui à Londres, un vaste programme visant notamment à la réconciliation avec les taliban qui ne sont pas membres de réseaux tels que Al Qaîda.

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