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Tensions dans le Golfe

Khameneï exclut tout dialogue avec Washington

La Maison-Blanche a indiqué que le président Donald Trump n’excluait pas l’hypothèse d’une rencontre avec Hassan Rohani malgré les accusations de certains responsables américains, dont Mike Pompeo, rendant Téhéran responsable des attaques contre des terminaux saoudiens

Le guide suprême iranien a exclu, hier, toute négociation avec Washington à l’heure où le président américain s’est dit disposé à rencontrer son homologue iranien tout en menaçant Téhéran à la suite d’attaques ayant visé l’Arabie saoudite. Ces attaques, menées samedi par des drones sur deux installations pétrolières importantes du royaume, ont été revendiquées par les rebelles Houthis du Yémen qui sont soutenus par l’Iran. Elles ont entraîné une chute de moitié de la production saoudienne, à hauteur de 5,7 millions de barils par jour, soit environ 6% de l’approvisionnement mondial de pétrole. Selon S&P Platts, spécialiste de l’analyse des marchés pétroliers, environ trois millions de ces barils devraient rester indisponibles pendant un mois. Parlant devant des étudiants à Téhéran, l’ayatollah Ali Khamenei a exclu toute négociation avec les Etats-Unis. «Si les Etats-Unis ï...û se repentent de s’être retirés», en 2018, de l’accord sur le nucléaire iranien, et qu’ils décident d’y revenir, «alors ils pourront participer aux discussions entre l’Iran et les autres membres» parties à cet accord, a-t-il déclaré.»Sinon, aucune négociation n’aura lieu entre la République islamique et des responsables américains à quelque niveau», que ce soit «à New York» ou ailleurs, a ajouté le numéro un iranien selon un extrait de son discours diffusé par la télévision d’Etat iranienne. Dimanche, la Maison-Blanche avait indiqué que le président Donald Trump n’excluait pas l’hypothèse d’une rencontre avec Hassan Rohani malgré les accusations de certains responsables américains, dont Mike Pompeo, rendant Téhéran responsable des attaques de samedi. Celles-ci ont réveillé la crainte d’un affrontement militaire avec l’Iran, mis en cause plus ou moins directement par Washington et Riyadh. Le président iranien et d’autres responsables de la République islamique ont répété que toute rencontre entre MM. Trump et Rohani était exclue tant que les Etats-Unis maintiendraient les sanctions économiques qu’ils ont imposées ou réimposées à Téhéran depuis août 2018 après leur sortie de l’accord sur le nucléaire iranien. L’idée d’une telle rencontre, en marge de l’assemblée générale des Nations unies devant s’ouvrir dans quelques jours à New York, est poussée par la France pour tenter de faire baisser les tensions entre Téhéran et Washington. Lundi, le ministre de la Défense américain Mark Esper a assuré que le Pentagone travaillait avec les partenaires des Etats-Unis pour répondre à l’attaque «sans précédent» de samedi «et défendre l’ordre international sapé par l’Iran». «Il semble» que Téhéran soit derrière les attaques, mais «je veux savoir avec certitude qui est responsable», a néanmoins déclaré M. Trump. Plus tôt, Téhéran avait rejeté comme «insensées» les accusations américaines à son égard. De son côté, l’Arabie saoudite a affirmé, sans fournir de preuve, que les armes utilisées dans l’attaque étaient iraniennes, selon les premiers éléments de sa propre enquête. Accusé par Riyadh et Washington d’armer les Houthis, l’Iran a toujours démenti et appelle régulièrement l’Arabie saoudite et la coalition arabe qu’elle dirige en soutien au gouvernement (en exil) de Sanaa, de cesser ses «bombardements quotidiens» au Yémen.»Le peuple du Yémen a été obligé de répondre», a dit M. Rohani. Les attaques ont été condamnées hier par la Chine qui a appelé au calme.»La Chine est opposée à toute attaque contre des civils ou des installations civiles. Nous appelons toutes les parties concernées à s’abstenir de toute mesure qui mènerait à une escalade» dans la région, a déclaré mardi Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise. Ces dernières semaines, le président américain semble pourtant privilégier la voie diplomatique pour faire retomber la tension et, peut-être, rencontrer M. Rohani lors d’un tête-à-tête historique.

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