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La démocratie au pied du mur

Le dirigeant du mouvement islamiste Ennahdha, Oussama Sghaïer, a affirmé, hier, sur la radio Express FM, qu’« au second tour de la présidentielle, nous allons soutenir un candidat et tout porte à croire que ce sera Kaïs Saïed ».

Le candidat arrivé en tête du
1er tour de la présidentielle en Tunisie, Kaïs Saïed, a beau clamer qu’il ne s’alliera à aucune formation politique, les ralliements se multiplient qui proviennent majoritairement du courant islamiste dont plusieurs ténors comme l’ancien président Moncef Marzouki, Hamadi Jebali, balayés pitoyablement, dimanche dernier, et bien d’autres avec eux, lui offrent bruyamment leur soutien. Outre les élus d’Ennahdha, Ameur Laârayedh et Ajmi Lourimi, certains candidats comme Mohamed Lotfi Mraihi, Mohamed Hechmi Hamdi, Seifeddine Makhlouf, et Mohamed Abbou n’ont pas hésité à proclamer leur soutien. Lui répète à qui veut l’entendre qu’il continuera sa campagne « en comptant sur les jeunes et sans aucun financement, ni intention d’alliance avec des partis politiques ». « Nous n’allons accepter aucun financement… Notre campagne est basée sur les volontaires qui ont participé avec leurs moyens limités… Mais cette aide est inestimable », déclare-t-il en proposant un projet dans lequel « tout le monde est le bienvenu ». Ceux qui n’ont pas participé au vote du premier tour sont invités à réfléchir et à faire leur choix librement, parce que
« son seul parti, c’est le peuple tunisien ». Comme en écho, le dirigeant du mouvement islamiste Ennahdha, Oussama Sghaïer, a affirmé hier sur la radio Express FM qu’« au second tour de la présidentielle, nous allons soutenir un candidat et tout porte à croire que ce sera Kaïs Saïed. Il a la capacité de rassembler les gens et il respecte les dispositions de la Constitution. Le Conseil de la Choura prendra la décision finale ». Un propos qui a le mérite d’être beaucoup moins énigmatique que celui du leader du parti Rached Ghannouchi qui, lui, se montre fidèle à sa prudence coutumière, en disant avec un sourire malicieux « nous soutiendrons le candidat de la Révolution, lequel ? Vous le verrez bien ». Il faut dire que les soubresauts qui agitent Ennahdha dont le candidat Abdelfatah Mourou est arrivé en troisième position, loin derrière les deux promus au second tour, ont de quoi justifier cette réserve. Son ancien chef de bureau Zoubeir Chehoudi a appelé, au même moment, à son départ de la direction du parti ainsi qu’à celui de son gendre Rafik abdessalem. Imperturbable, il a présidé le bureau exécutif qui a reconnu la défaite « honorable » de Mourou et félicité les deux candidats au deuxième tour.
Du côté de Nidaa Tounès, on retiendra ce post Facebook de Hafedh Caïd Essebsi à l’adresse de Youssef Chahed : « les résultats des élections présidentielles ne constituent pas une surprise », lui a-t-il expliqué. Le fils du défunt président Béji Caïd Essebsi estime que ce résultat « est dû à l’opportunisme, au narcissisme, au manque de notoriété et aux campagnes de dénigrement ainsi qu’à la propagation de rumeurs et au tourisme parlementaire ». Il rappelle en outre « les tentatives de déchoir le président de la République défunt », par le biais d’accusations outrancières pour cacher une « incapacité à apporter du changement à la vie des tunisiens ». Bref, la vendetta n’est pas tarie dans le magma centriste réformiste, dont les affrontements fratricides ont achevé de disperser les coulées.
Reste la grande question qui passionne aujourd’hui la Tunisie tout entière. Nabil Karoui va-t-il sortir de la prison El Mornaguia pour mener sa campagne du deuxième tour ? La décision appartient à la justice mais la justice ne l’a pas empêché de participer à l’élection présidentielle, juge son directeur de campagne. Le président de l’ISIE a affirmé que l’instance se comportera avec le candidat Nabil Karoui comme avec tous les autres, malgré le fait qu’il soit en prison. Et s’il venait à remporter les élections, au second tour, l’ISIE validera sa victoire et transmettra le dossier à l’ARP, devant laquelle le nouveau président est appelé à prêter serment. Ainsi, le problème opposera l’ARP à la justice et l’ISIE n’ aura rien à y voir, a-t-il conclu, avec la nette satisfaction d’avoir réussi à botter en touche.
En clair, la situation va être très compliquée à gérer car, d’un côté, il y a un candidat sans parti, sans machine électorale, sans grands moyens financiers et médiatiques, et, de l’autre, un rival en prison, bâillonné mais partant, avec des ressources bien plus conséquentes et une chaîne de télévision (Nessma) dont le rôle aura été déterminant, depuis de très nombreux mois. Si les chances sont effectivement inégales, il me semble que c’est plutôt en défaveur de Kaïs Saïed dont le seul avantage, apparent certes, tient aux sympathies que lui témoigne, reconnaissant, le courant islamiste, dans sa frange la plus radicale. Reste à savoir si le magistrat instructeur du dossier Karoui, saisi par une requête de l’ISIE, permettra à celui-ci de s’exprimer dans les médias ou non. C’est là un dilemme aussi grave qu’inédit car il renvoie au principe d’équité dans une élection aussi importante que la présidentielle et les Tunisiens en tireront toutes les conséquences, dans un cas comme dans l’autre. 

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