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Présidentielle en Tunisie

La grande incertitude

A la veille même du scrutin présidentiel, chaque parole et chaque geste sont suivis avec une attention extrême, d’ où une prudence à la mesure de l’incertitude qui plane concernant la succession du défunt président Béji Caïd Essebsi.

Après 11 jours de campagne électorale pour la présidentielle en Tunisie, les tambours se sont tus, hier soir, laissant la place aux interrogations et aux inquiétudes, tant le jeu paraît serré entre les 26 candidats qui vont se disputer demain les faveurs de l’électorat. C’est au niveau du peloton de tête que la concurrence est la plus rude, mais les autres candidats ne veulent en aucune manière faire de la figuration et, s’ils mesurent le handicap qu’ils doivent surmonter sur « la route de Carthage », ils n’en parient pas moins sur leur présence lors des législatives qui interviendront dans un mois et demi. Présence qui leur permettra de négocier âprement le nombre de postes ministériels dans le prochain gouvernement. L’ambiance demeure ainsi tributaire de cette incertitude qui plane sur les chances des candidats « favoris », sans que pour autant soit exclue une immense surprise de dernière minute. Les sondages, informels, donnent toujours le patron de Nessma Tv, Nabil Karoui, largement en tête, malgré son incarcération à El Mornaguia et son absence des débats télévisés et des meetings de Qalb Tounes créé pour la circonstance. Il est talonné par l’ancien chef du gouvernement, Youssef Chahed, qui a surpris son monde en commentant, hier, la nouvelle d’un Zine el Abidine ben Ali « gravement malade », selon son avocat : «s’il est gravement malade, il peut rentrer». Il est vrai qu’il s’exprimait en tant que candidat sur un sujet très sensible et pour lequel les Tunisiens auront un geste électoral engagé.à la veille même du scrutin présidentiel, chaque parole et chaque geste sont suivis avec une attention extrême, d’ où une prudence à la mesure de l’incertitude qui plane, concernant la succession du défunt président Béji Caïd Essebsi. Autre problématique qui hante les esprits, la question d’un deuxième tour, au cas où le candidat en tête n’aurait pas la majorité absolue pour l’emporter dès demain soir ( en fait mardi prochain puisque les résultats définitifs ne seront connus que ce jour-là). Il faut dire que le décès de Béji caïd Essebsi a bousculé le calendrier et surpris les partis et les candidats, la date du scrutin ayant été avancée, selon les dispositions de la Constitution. Qui plus est, l’ISIE a dû trancher dans le vif, avec une certaine rigueur pour ne retenir que 26 sur les 98 prétendants à la fonction présidentielle. Un nombre déjà problématique qui implique un morcellement imprévisible de la carte électorale, même si des tractations sont allées bon train pour anticiper le deuxième tour du scrutin présidentiel et les législatives. Pour bien montrer sa détermination à maintenir le cap, le parti de Rached Ghanouchi a invité ses militants à voter en masse pour leur candidat, Abdelfatah Mourou, mais les rumeurs ont circulé, selon lesquelles Ennahdha pourrait à la dernière minute montrer qu’elle a trouvé son « oiseau rare ». Selon les médias tunisiens, au fil des tractations qui ont jalonné les derniers jours de la campagne, émergent cinq candidats : Youcef Chahed, pour le parti Tahya Tounes, Abdelfattah Mourou, pour Ennahdha, Abdelkrim Zbidi, candidat indépendant soutenu par Nidaa Tounes, Nabil Karoui, pour le parti Qalb Tounes et Abir Moussi candidate du parti desturien libre, fidèle au bilan de Zine el Abidine Ben Ali. Ingénieur en agronomie, Youcef Chahed, âgé de 43 ans, a occupé le poste de chef du gouvernement en 2016. Il jouit, dit-on, d’une bonne assise populaire, particulièrement chez les jeunes. Ces derniers étaient nombreux à ses meetings. Abdelfettah Mourou, 71 ans, est le cofondateur d’ Ennahdha. Ancien magistrat et ex-député, il est apprécié pour son don oratoire et sa franchise. Ses meetings ont eux aussi drainé beaucoup de monde. Abdelkrim Zebidi, 69 ans, est médecin de formation, plusieurs fois ministre. Considéré comme un « profane politique «, il séduit nombre de Tunisiens et sa cote de popularité est montée en flèche. Nabil Karoui, 56 ans, est un homme d’affaires, patron du groupe Karoui, en prison depuis le 23 août. Abir Moussi, 44 ans, est avocate et féministe acharnée. Elle est réputée pour ses idées anti-islamistes et sa franchise. Ouverte le 2 septembre dernier, la campagne électorale a connu plus de 1000 infractions des candidats et de leurs partisans, selon l’ISI qui a sanctionné plusieurs médias pour publicité illégale.

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