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De l'insurrection à la mise en accusation

La semaine où l'Amérique a basculé

Le 6 janvier, Trump intervient devant ses partisans, près de la Maison Blanche. Il y réitère ses accusations infondées d'une élection «volée» et encourage ses supporteurs à se rendre au Capitole.

La Chambre des représentants devait mettre Donald Trump en accusation dans la nuit, pour «incitation à l'insurrection» liée aux violences du Capitole, ce qui ferait du milliardaire républicain le premier président à être mis en accusation deux fois. Voici une chronologie des principaux événements ayant mené à ce vote historique dans l'hémicycle contrôlé par les démocrates: Alors que le Congrès américain siège le 6 janvier pour certifier la victoire de Joe Biden à la présidentielle, Donald Trump intervient lors d'un rassemblement de ses partisans près de la Maison- Blanche. Il y réitère ses accusations infondées d'une élection «volée» et encourage ses supporteurs à se rendre devant le Capitole. S'il leur demande de défiler «pacifiquement et de façon patriotique», son discours est toutefois parsemé de remarques incendiaires qui chauffent l'assistance à blanc. «Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles. Vous devez montrer de la force et vous devez être forts», harangue-t-il. «Battons-nous pour Trump», lui répond la foule.
Pendant son discours, Donald Trump exhorte également son vice-président, Mike Pence, qui préside la séance de certification des résultats du collège électoral, de faire preuve de «courage» et de bloquer ce processus. Mais Pence décline, soulignant que la Constitution lui accorde un rôle essentiellement protocolaire. Au moment où le Sénat et la Chambre des représentants comptent les votes, des milliers de partisans de Donald Trump prennent d'assaut le Capitole, cassant des fenêtres, défonçant des portes et submergeant les forces de l'ordre. Les parlementaires sont mis à l'abri, alors qu'une foule hargneuse erre dans les couloirs du Congrès, chantant «Pendez Mike Pence» et «Où est Nancy?». Lors de ces événements, cinq personnes perdent la vie, dont une supportrice de Donald Trump, touchée par un tir d'un agent de sécurité, et un policier qui, tabassé par des émeutiers, décède à l'hôpital. Des parlementaires, ainsi que ses propres conseillers, appellent Donald Trump à stopper ses partisans. Il s'exécute enfin dans un tweet et une brève vidéo où il leur demande de «rentrer à la maison», tout en leur lançant: «On vous aime. Vous êtes uniques.» Après la sécurisation du Capitole, le Congrès reprend séance et certifie définitivement l'élection à l'aube.
Jeudi, Donald Trump est confronté à une série de démissions de responsables de son administration, dont ses ministres des Transports Elaine Chao et de l'Education Betsy DeVos.
Le chef de la police du Capitole présente à son tour sa démission. Après avoir temporairement suspendu le compte du président républicain, Twitter annonce vendredi que la suspension est définitive, citant un «risque de nouvelles incitations à la violence». Facebook suspend les comptes du milliardaire pour une durée indéterminée. Vendredi, la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, appelle Donald Trump à démissionner et estime qu'en cas de refus du président, Mike Pence devrait le démettre de ses fonctions en invoquant le 25e amendement de la Constitution. Si ce dernier refuse, prévient-elle, la Chambre mettra Donald Trump en accusation pour la seconde fois. Mardi soir, Mike Pence écarte la possibilité d'invoquer le 25e amendement.

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