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La Cour suprême brésilienne ordonne la libération de Lula

«Le guerrier» porte toujours l’espoir de la gauche

C’est sur la haine du PT que Jair Bolsonaro a notamment bâti sa victoire électorale, souhaitant à Lula de «pourrir en prison».

Ancien métallo au destin fabuleux et tumultueux, l’ex-président du Brésil, Lula, libéré vendredi après plus d’un an et demi de prison, n’a pas renoncé au combat politique et incarne toujours l’espoir d’une gauche orpheline de son chef historique. Luiz Inacio Lula da Silva a été libéré grâce à un arrêt de la Cour suprême du Brésil qui affecte près de 5.000 détenus. À sa sortie de prison, acclamé par une marée rouge de milliers de militants de gauche, il a promis de «continuer à lutter» pour le peuple brésilien. Emprisonné depuis avril 2018 pour corruption et blanchiment, Lula, 74 ans, avait dû renoncer à son rêve de se présenter à un troisième mandat présidentiel en 2018. Il avait laissé la voie à l’arrivée au pouvoir du député d’extrême droite Jair Bolsonaro, dont il a fustigé la politique de précarisation des Brésiliens, vendredi. Un revers d’autant plus amer que, huit ans après son départ du pouvoir avec un taux record de 87% d’opinions favorables, le chef historique du Parti des travailleurs (PT) était donné grand favori.
Lula avait été rattrapé par les méandres de l’enquête sur le plus grand scandale de corruption de l’histoire du Brésil, «Lavage express», sur un gigantesque réseau de pots-de-vin autour de la compagnie publique pétrolière Petrobras. Son ennemi intime, le juge Sergio Moro, l’avait condamné en 2017 à neuf ans et demi de prison pour avoir obtenu un triplex, en bord de mer, d’une entreprise de bâtiment, en échange de contrats publics. Une peine réduite ensuite à huit ans et 10 mois. Depuis, le juge Moro est devenu le ministre de la Justice de Jair Bolsonaro. Et des soupçons de connivence avec les procureurs, pour accabler Lula, pèsent contre lui. Lula est perçu comme «près du peuple» et est resté très aimé, surtout dans les régions pauvres du Nord-Est. Mais il est aussi farouchement détesté par une partie de la population pour qui il est l’incarnation de la corruption. C’est sur la haine du PT que Jair Bolsonaro a notamment bâti sa victoire électorale. Un Lula auquel M. Bolsonaro a souhaité de «pourrir en prison». Mais que le PT, incapable de remplacer, a attendu comme le messie. Rien ne prédisposait à un tel destin ce cadet d’une fratrie de huit enfants, né le 6 octobre 1945 dans une famille d’agriculteurs pauvres du Pernambouc (Nord-Est). Enfant, Lula a arpenté les rues pour cirer des chaussures dans l’espoir de ramener un peu d’argent à la maison. Il a sept ans lorsque sa famille déménage à Sao Paulo pour échapper à la misère. Vendeur ambulant puis ouvrier métallurgiste à 14 ans, il perd l’auriculaire gauche dans un accident du travail. à 21 ans, il entre au syndicat des métallurgistes et en devient le président en 1975. Personnage charismatique, il conduit les grandes grèves de la fin des années 1970, en pleine dictature militaire (1964-1985). Fondateur du PT au début des années 80, Lula se présente pour la première fois à l’élection présidentielle en 1989 et échoue de peu. Après deux nouveaux échecs, en 1994 et 1998, la quatrième tentative sera la bonne, en octobre 2002. Il est réélu en 2006.
Premier chef de l’état brésilien issu de la classe ouvrière, il a mis en œuvre d’ambitieux programmes sociaux, grâce aux années de croissance portées par le boom des matières premières. Sous ses deux mandats (2003-2010), près de 30 millions de Brésiliens sont sortis de la misère. Lula a incarné un pays qui s’ouvrait sur le monde, et a conféré au Brésil une stature internationale, lui permettant de décrocher l’organisation des deux plus grands événements sportifs planétaires: le Mondial de football (2014) et les jeux Olympiques (2016) à Rio de Janeiro.

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