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La médiation de la Cédéao n’a pas convaincu

Le Mali dos au mur

Les tractations engagées depuis plusieurs jours par les quinze présidents africains qui se pressent au chevet du Mali ont-elles une chance d'aboutir? C'est la question que beaucoup d'observateurs se posent, au lendemain d'un sommet virtuel et exceptionnel qui a abouti à... un statu quo, la contestation ayant rejeté les propositions avancées par les chefs d'Etat de la Cédéao. Preuve que la solution de la crise politique et sociale dans laquelle est englué le pays requiert davantage de concession de la part du président Ibrahim Boubacar Keïta et de l'opposition M5-RPF. La crise a été générée, du moins en apparence, par les dernières élections législatives des 13 et 19 avril durant lesquelles il y aurait eu, affirment les chefs de l'opposition, des fraudes massives au bénéfice du parti au pouvoir. L'imam Dicko n'y va pas par quatre chemins quand il affirme avoir «connu les blanchiments d'argent et maintenant les blanchiments de voix». Ce porte-voix de la contestation malienne pointe un népotisme et une corruption du clan présidentiel illustrée par une vidéo qui a scandalisé le pays parce qu'on y voit le fils du président Keïta, Karim, se délecter au champagne dans un cabaret espagnol! Une vidéo qui lui a coûté son fauteuil de président de la commission Défense à l'Assemblée nationale malienne. Ce genre de dérives n'a fait, en réalité, qu'enflammer les esprits déjà chauffés à blanc par une situation sécuritaire dramatique, notamment au centre et au nord du pays, l'économie en berne et la corruption généralisée. En sus d'une école sinistrée, la pandémie de Covid-19 aura également été la goutte qui a fait débordé le vase, dans une région sahélienne particulièrement sensible aux conséquences de la sécheresse. Le peuple malien, que domine une jeunesse au bord de l'exaspération, veut désormais un changement aussi concret qu'immédiat et c'est pourquoi on assiste à un véritable bras de fer entre le pouvoir incarné par IBK et l'opposition conduite par l'imam Mahmoud Dicko. Les échauffourées de ces derniers jours à Bamako ont montré à quel point la situation risque de devenir incontrôlable, 11 personnes ayant été victimes des affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre, selon le Premier ministre Cissé tandis que l'opposition avance le chiffre de 23 morts. Prenant argument de la trêve décrétée par le M5-RPF, IBK et son gouvernement parient sur un essoufflement de la rue et cherchent un accord a minima avec l'imam Dicko, seul capable de tempérer les ardeurs d'une jeunesse majoritaire dans le pays.
Thermomètre moral de cette agitation, il s'efforce de contenir les partisans de la violence mais à quel prix et surtout jusqu'à quand? Les chefs de file des manifestants entendent réinvestir la rue dès le 3 août prochain, en maintenant les revendications prioritaires dont celle de la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta. «Inacceptable» ont laissé entendre les chefs d'Etat de la Cédéao, dont la présence témoigne de l'inquiétude aussi bien de la France que des Nations unies. Paris déploie au mali plus de 5100 militaires dans le cadre de la force Barkhane alors que 15 000 fonctionnaires de l'ONU civils et militaires activent au sein de la Minusma. Le danger que représente une insurrection graduelle dans le pays alarme au plus haut point les uns et les autres, surtout qu'elle impacterait forcément les pays voisins, eux aussi en proie à des soubresauts sécuritaires et sociaux. Mais la proposition des membres de la Cédéao qui inclut une nouvelle Assemblée nationale conforme aux véritables résultats des législatives, une nouvelle Cour constitutionnelle et un gouvernement d'union nationale n'a pas convaincu le M5, surtout qu'elle est assortie de menaces à l'encontre des opposants au «processus» de «normalisation». Ainsi, le Mali semble-t-il, plus que jamais, dos au mur.

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