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La Tunisie en quête d’un gouvernement consensuel

Quand les dés sont jetés

Les dés sont jetés pour une Tunisie dont nul ne peut prédire avec exactitude le cheminement, alors que le pays se trouve sous les fourches Caudines, pour reprendre une expression consacrée, du Fonds monétaire international et ploie sous le joug d’une dette extérieure étouffante.

C’est la seule certitude, au lendemain des législatives en Tunisie : le parti vainqueur aura beaucoup de mal pour former le nouveau gouvernement et tout indique que la Tunisie se dirige vers une nouvelle crise politique de grande ampleur. Les observateurs estiment que cette crise dépassera les seules formations politiques pour affecter l’ensemble du pays, confronté à une situation sociale et économique dramatique. Si Ennahdha suivi de Qalb Tounes alignent l’un 40 et l’autre 33 sièges, tous les autres partis se situent à moins de 20 sièges, dans le meilleur des cas.
Aussi, est-il évident que la composition d’un gouvernement sera une tâche ardue, compte tenu du fait que les diverses formations ne sont pas proches politiquement. Toujours est-il que les dirigeants des partis en question ont commencé à débattre des enjeux et des éventuelles tractations, alors même que tous les regards sont braqués sur le dimanche 13 octobre et sur le deuxième tour du scrutin présidentiel.
L’équipe de campagne de Nabil Karoui est intervenue, hier, pour démentir formellement les informations diffusées par certains médias et sur les réseaux sociaux, selon lesquelles le candidat aurait décidé de « se retirer » de la course. Ce sont là, disent-ils, « des rumeurs infondées » car le candidat est « déterminé à poursuivre la course au Palais de Carthage, par respect pour la volonté du peuple et envers son électorat », malgré sa détention à la prison d’El Mornaguia. « Désolé de ne pouvoir répondre aux sollicitations des médias », il dénonce encore et toujours le « non-respect de l’égalité des chances »avec son rival Kaïs Saïed. Rappelons que ce dernier a décidé de son propre chef de ne pas mener la campagne électorale afin de respecter ce principe, ce qui a entraîné pour l’électorat tunisien une drôle d’ambiance puisque la campagne s’est déroulée , de part et d’autre, avec sur le terrain les équipes des deux candidats dont le manque d’enthousiasme aura été plus qu’évident. Pour ce qui est des tractations autour de la présence à la Kasbah, siège du gouvernement, il convient de souligner que le Courant démocratique, fort de ses 14 députés, a écarté toute entente avec Ennahdha et Qalb Tounes, choisissant du coup de rester dans l’opposition. En sera-t-il de même pour le Parti destourien libre ( PSD ) de Abir Moussi, nul ne le sait alors qu’elle a écarté d’emblée tout rapprochement avec Ennahdha. Restent les partis résiduels, avec moins de 5 députés, qui vont eux aussi de leur rejet d’entente avec l’un ou l’autre des partis majeurs, sinon les deux. Autant dire que les dés sont jetés pour une scène politique tunisienne dont nul ne peut prédire avec exactitude le cheminement, alors que le pays se trouve sous les fourches Caudines, pour reprendre une expression consacrée, du Fonds monétaire international et ploie sous le joug d’une dette extérieure quasiment étouffante.
Quel choix aura la Tunisie au cas où toutes ces formations refusent de céder aux exigences de la situation induite par les urnes ? La fuite en avant, telle qu’elle s’exprime aujourd’hui, ne sert en réalité aucune des formations politiques, gagnantes ou perdantes, et l’éventualité d’un recours à de nouvelles élections porte en lui un danger manifeste si l’on considère la grande désaffection des électeurs, déçus par les urnes et broyés par la crise économique et sociale.
Reste la troisième voie, celle d’un gouvernement technocrate qui pourrait éventuellement emporter l’adhésion de tout le monde et son père et obtenir l’agrément de tous les Tunisiens, à quelque bord qu’ils appartiennent.
Ce serait là la voie de la sagesse mais rien ne dit qu’elle sera empruntée par les uns et les autres, d’un commun accord.

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