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Les réseaux sociaux ont «accéléré » la révolution en Egypte

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Souvent surnommé «la révolution-Facebook », le soulèvement populaire qui a renversé Hosni Moubarak l'an dernier en Egypte a été « accéléré et facilité » par les réseaux sociaux mais il était en préparation depuis longtemps, a expliqué dimanche une spécialiste.

«C'était une révolution populaire, accélérée, facilitée par l'Internet », a affirmé Rasha Abdullah, professeur associée en journalisme et communication de masse à l'Université américaine du Caire, lors d'une conférence intitulée « La révolution en tweets: comment les réseaux sociaux ont aidé à renverser un dictateur ».

Sans les réseaux comme Facebook, Twitter et YouTube, « la révolution aurait eu lieu mais bien plus tard », a-t-elle ajouté, en expliquant qu' « en pratique, ils ont aidé les gens à s'organiser ».

«Cette révolution n'a pas commencé en 2011, (le mouvement) s'est accéléré avec l'introduction des blogs » aux alentours de 2003 en Egypte puis avec les réseaux sociaux, a-t-elle poursuivi.

Mme Abdulla a notamment évoqué la création en 2004 du mouvement Kefaya (Assez, en arabe) contre le régime Moubarak, la publication dès 2005 de vidéos de harcèlement sexuel ou de violences policières, ainsi que l'appel à la grève du 6 avril 2008 qui a donné naissance au «groupe du 6-Avril », l'un des moteurs de la révolte de 2011.

« Ce qui est nouveau en 2011, c'est qu'au lieu d'avoir des manifestations de 20 à 200 personnes, soudain on a eu des masses de gens ».

L'enseignante a expliqué que petit à petit, les réseaux sociaux avaient créé une

« communication horizontale » entre les internautes et leur ont «donné le sentiment qu'ils ont voix au chapitre et qu'ils ont le droit de parler ».

La page Facebook « Nous sommes tous Khaled Saïd », du nom d'un jeune homme mort sous les coups de policiers, a été selon Mme Abdulla pour beaucoup dans la mobilisation.

«C'est la page qui a eu le plus d'impact (...) toutes les conversations sur la page étaient politiques. Lorsque l'appel à se rassembler le 25 janvier (2011) est venu, près d'un demi-million de personnes ont cliqué sur +je m'inscris+. Ca a encouragé les gens. A ce moment-là, ils étaient prêts », a-t-elle dit.

En comptant «la dynamique qui était dans l'air » après la révolte en Tunisie et le départ de son président Zine el-Abidine Ben Ali, les conditions étaient selon elle réunies pour une mobilisation de masse.

 

 

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