CLÔTURE DU FESTIVAL DE LA DIGNITÉ

Lotfi Double Canon met le feu à Oran

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Il a versé de grosses larmes en rendant hommage aux hommes de lettres, intellectuels et journalistes assassinés par les terroristes.

Le Festival de la Dignité a été clôturé dimanche soir dans une ambiance électrique animée par les maîtres du rap maghrébin et ce, dans une soirée destinée exclusivement aux férus du rap.
Oran du rai est tout aussi une cité où le rap passe comme dans une lettre à la poste.
Lotfi Double Canon en est un de ces artistes qui continuent à bercer, sous son verbe tout aussi cru comme le raï, ces milliers de jeunes. Il va droit dans les coeurs en éveillant les consciences.
Ainsi, en mettant en action son Double Canon, le rappeur bonois, Lotfi, n'est pas passé inaperçu à Oran en s'en prenant, avec une rare véhémence, aux responsables, députés, personnalités, importateurs, candidats aux élections qu'il met tous dans le même panier en les accusant d'être à l'origine de tous les maux qui rongent la société algérienne notamment la classe juvénile à un avenir incertain.
Son spectacle, tel que voulu par l'artiste, est une rencontre directe du chanteur avec ses milliers de fans pour débattre, tout en dansant, jubilant et dénonçant, des problèmes des jeunes Algériens en quête d'une vie meilleure.
Une telle vision n'est pas facilement envisageable étant donné que ce sont plus d'un, notamment les jeunes en manque cruel d'animations artistiques, qui profitent de l'occasion pour déverser leur rancoeur en créant des situations souvent fâcheuses aux conséquences désastreuses.
D'autant que le verbe usé dans le chant rap est tiré de l'expression de la rue. Tout compte fait le rappeur algérien, Lotfi Double Canon, qui n'a pas dérogé à la règle, a mis en alerte générale les éléments des brigades antiémeute qui ont quadrillé le Théâtre de verdure aussi bien à l'intérieur qu'à l'intérieur.
La crainte d'un débordement populaire a atteint son paroxysme tandis que les hommes en tenue bleue, renforcés par plusieurs autres policiers de plusieurs wilayas de l'Ouest, se sont mis à ceinturer le carré réservé aux invités composés d'officiels, journalistes, personnalités, notables d'Oran et leurs familles.
De grands succès ont été chantés par Lotfi qui, à travers les paroles et le style rap, avait poussé tout le public à danser sur ses notes musicales particulières et propres à lui dans lesquelles il évoque les préoccupations des jeunes, à savoir le travail, le logement et le problème des jeunes harraga, l'abandon et le renoncement. Son show n'a, tout de même pas, été dénué de patriotisme.
En chantant l'une de ses oeuvres qui retracent les différentes étapes de l'histoire algérienne, Lotfi Double Canon a versé de grosses larmes en rendant hommage aux hommes de lettres, intellectuels et journalistes assassinés par la horde terroriste pendant les années 1990.
«Je ne peux rester insensible à cette chanson même pendant les répétitions», a fini par lâcher du haut du podium du Théâtre de verdure Hasni Chakroune.
En somme, Lotfi Double Canon, qui a été revendiqué par ses fans dés le début de la soirée, a, malgré le plateau riche qui a été proposé, pu transformer à son avantage l'événement en créant, comme à son accoutumée, une vive animation durant une soirée suivie par plusieurs dizaines de milliers de ses fans venus de toutes parts de la wilaya d'Oran.
Pourtant les stars de renom international, comme le Tunisien Wajdi Mascott et les Marocains de la troupe H-Kayene, ne manquaient pas.
Auparavant, ce fut la chanteuse, d'origine bougiote qui vit en France, Kenza Farah, qui a ouvert le bal en proposant un bouquet de chansons sentimentales.
Idem pour les membres de la troupe marocaine, H.Kayene et le Tunisien Wajdi Mascott qui ont, eux aussi, proposé des répertoires composés de plusieurs chansons romantiques destinées exclusivement aux jeunes.