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La déperdition scolaire atteint son paroxysme

7000 à 9000 élèves fuient l’école

Les spécialistes plaident pour une «école attractive» et recommandent «la révision des programmes».

La déperdition scolaire constitue désormais l'un des maux sociaux qui rongent la jeunesse en la désagrégeant. Des enfants ne trouvent plus goût à la scolarité. Même si la société n'est pas suffisamment alertée sur ce fléau «mère de tous les vices», le nombre d'enfants qui décrochent chaque année est plus qu'inquiétant. Les chiffres sont plus que révélateurs d'un mal aux relents de causes phénoménales. Entre 7 000 et 9 000 élèves quittent les bancs de l'école chaque année. Beaucoup d'entre eux se retrouvent dans le «marché de l'emploi» pour subvenir aux besoins de leur famille. D'autres se retrouvent dans un coin du quartier livrés à eux-mêmes, s'adonnant à tous les maux rongeant la société, sans songer à leur avenir. Ces chiffres sont le résultat des différentes enquêtes effectuées par des spécialistes qui se référent aux rapports établis par des équipes de la santé scolaire. Ce phénomène, qui touchait particulièrement les élèves du secondaire, s'est élargi et concerne aussi les écoliers et les collégiens. La tranche d'âge touchée par la déperdition scolaire se situe entre 12 et 18 ans. Les causes de ce phénomène peuvent être d'ordre pédagogique et/ou sociologique, et dépendre des conditions socio-économiques de l'élève et de sa famille et enfin psychopédagogique. Pour plusieurs familles vivant sous le seuil de pauvreté, la préoccupation première demeure la satisfaction des besoins fondamentaux, comme celui de manger à sa faim. Cette situation oblige parfois les parents ayant à leur charge plusieurs enfants à faire travailler l'aîné des scolarisés afin d'alléger le fardeau budgétaire. «Un taux de 5% des élèves est victime de déperdition scolaire. Ils plongent dans le monde du travail, malgré leur jeune âge», a t-on précisé. Ces petits se sentent obligés de quitter l'école dès leur jeune âge pour être confrontés à la dure réalité d'un monde cruel, totalement différent et parsemé d'embûches. Ainsi, ils subissent fatalement la charge d'une société en pleine mutation et un monde nouveau dans lequel ils baignent sans être parvenus ni avertis ni encore moins préparés. A Oran, il n'y a pas un marché, un quartier ou une ruelle où l'on ne trouve pas des enfants qui proposent des produits à la vente. Ils marchandent un peu de tout, des sachets en plastique, du pain traditionnel, d'autres activent dans le secteur du recyclage. «Certains mineurs sont même exploités au niveau des usines et des unités industrielles», a-t-on souligné. Le travail des enfants nuit à leur santé, à leur dignité et à leur moralité. Un enfant qui travaille sera davantage exposé à la maltraitance. Le cas le plus grave c'est celui des parents qui contraignent leurs propres petits à s'autofinancer et autofinancer leurs besoins malgré toutes les lois interdisant le travail des mineurs. Les raisons de ce mal sont connues par le commun des mortels. Autrement dit, les sources du mal sont identifiées. Que préconise-t-on comme solutions aux fins de venir à bout de cette problématique? A-t-on mis en place des remèdes pour son éradication? Loin s'en faut. Les spécialistes sont unanimes à dire que «l'engagement des parents», la complicité des professeurs, mais principalement les conditions sociales de certaines familles, la prise en charge adéquate des enfants sont de mise». Une question est en droit d'être posée à l'aune des changements politiques que connaît le pays. Quelles solutions réelles et mesures courageuses à préconise dans le secteur de l'éducation pour, ne serait-ce que pour atténuer ces dissemblances? Ces mêmes spécialistes plaident pour faire de «l'école un lieu attractif». «Il faut, recommande-t-il, réétudier l'organisation de l'école, réduire la surcharge des classes et revoir les programmes.» Il était temps de prendre la situation en main en plaidant une école sans déperdition.

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