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Graves actes de corruption révélés chaque jour devant les tribunaux

Chronique d’un désastre

Ce ne sont plus les salons feutrés des hauteurs de la capitale qui font et défont les choses. tout se passe dans les tribunaux de la république.

Les procès de corruption ne drainent plus les foules. Ils sont tombés dans la banalité du fonctionnement de la justice. Cela dit, il n'en demeure pas moins que ces procès traduisent la chronique d'un désastre national qui, affirment le président de la République et le Premier ministre, a failli emporter l'Etat.
Il reste, certes, les commentaires des citoyens sur les sommes d'argent, en milliers de milliards, de préjudices causés aux finances publiques, mais il devient évident qu'un cap a été franchi dans la lutte contre la corruption.
Un cap d'autant plus salutaire pour le pays que l'on imagine très mal, les officiels et les hommes d'affaires impliqués dans les détournements de fonds s'en tirer à la faveur d'une «baisse de la vigilance» populaire. Et si les Algériens s'intéressent moins aux feuilletons judiciaires, c'est parce qu'ils ont acquis la conviction que la situation est bien prise en main par les pouvoirs publics. L'action judiciaire est menée selon un rythme normal et surtout empreint de sérénité. Les nombreux procès qui se succèdent tiennent compte d'une procédure stricte et se déroulent dans le respect des lois de la République. Les juges ne sont pas soumis à la pression de l'Exécutif, ni à celle de l'opinion publique qui ne commente pas outre mesure les peines prononcées à l'encontre des hauts fonctionnaires, comme des hommes d'affaires. C'est dire que le pays entre dans une phase intéressante du fonctionnement de sa justice, mais aussi de sa société qui donne la nette impression d'être consciente de l'importance de la séquence historique que vit l'Algérie.
À quelques semaines du rendez-vous référendaire du 1er Novembre prochain, le pays avance avec conviction en direction d'un Etat plus juste et plus démocratique. La poursuite des procès dit justement cette réalité qu'il n'existe présentement aucun marchandage entre le pouvoir et les piliers de l'ancien régime. Ce ne sont donc pas les salons feutrés qui font et défont les choses, mais tout se passe dans les tribunaux de la République. L'absence de toute rumeur sur d'éventuelles tractations confirme, si besoin est, cet état de fait, et les Algériens qui suivent l'évolution du dossier de la lutte contre la corruption ont désormais la garantie qu'il n'y aura pas de «négociation» derrière leur dos.
Durant les 9 mois de présidence Tebboune, les Algériens ont bien vu la détermination de l'Etat d'en finir avec le phénomène de la corruption et compris que la lutte a pris un sens irréversible. S'il fallait une preuve de la volonté des autorités centrales quant à la poursuite du travail entamé en plein Mouvement populaire, ce serait la confirmation de l'indépendance de la justice dans la nouvelle Constitution soumise à la consultation populaire. Il n'y a pour ainsi dire aucune espèce d'idée de chasse aux sorcières. Ce qui se fait présentement dans le dossier de la lutte contre la corruption constituera le fond de l'agenda du pouvoir judiciaire. C'est l'une des promesses du président de la République. Et il semble qu'elle ait été bien reçue par les Algériens, visiblement tranquillisés par la tournure que prennent les différents procès intentés aux piliers de l'ancien régime. Il reste, cependant, que tout reste encore à faire pour bâtir une institution judiciaire véritablement indépendante du pouvoir exécutif. Mais ce qui ressort de ce qu'on voit sur le terrain, le chantier est dans la bonne direction. Les citoyens le sentent au quotidien, même s'ils en attendent la confirmation dans le fonctionnement des tribunaux dans les prochaines années. Et pour cause, la fin de l'ancien régime n'implique nécessairement pas la fin de la corruption. Celle-ci est liée à la nature humaine. Les corrompus et les corrupteurs existeront toujours. La seule manière de leur barrer la route, ce n'est pas de faire «le grand ménage» tous les 30 ans, mais de veiller à ce qu'ils ne puissent pas agir. C'est un travail permanent et la vigilance doit être toujours de mise. Le président de la République a pris la mesure de l'urgence de nettoyer l'administration et la sphère économique du fléau de la corruption, mais a pris des dispositions pour que l'expérience ne se renouvelle plus. Cela passe par l'édification d'un Etat de droit. C'est un travail de longue haleine et la nouvelle Constitution n'est qu'une étape dans un long processus qui n'atteindra objectivement jamais sa fin. La lutte contre la corruption est un combat de tous les instants.

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